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	<title>Nblotti Wiki - User contributions [en]</title>
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	<updated>2026-07-15T21:15:03Z</updated>
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		<id>https://wiki.nblotti.org/index.php?title=Histoire_chronologique_des_grands_oc%C3%A9ans_du_Phan%C3%A9rozo%C3%AFque&amp;diff=34</id>
		<title>Histoire chronologique des grands océans du Phanérozoïque</title>
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		<updated>2026-06-21T13:22:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;tectonique des plaques&#039;&#039;&#039; transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tectonique des plaques transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les Alpes suisses, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une scène de départ : l&#039;Ordovicien supérieur au Paléozoïque (≈ 450 Ma) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour situer les acteurs, partons d&#039;un instantané du Paléozoïque inférieur. Les continents sont alors dispersés autour du super-océan Panthalassa. Laurentia, Baltica et Avalonia ne sont pas encore réunies : entre elles se referme l&#039;océan Iapetus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Image.png|thumb|center|600px]]&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Ordovicien-450Ma-Scotese.png|thumb|center|600px|Carte paléogéographique de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) : Laurentia, Baltica, Avalonia, Siberia et Gondwana ; océans Iapetus, Rhéique et Proto-Téthys. Source : Encyclopædia Britannica, Inc. ; d&#039;après C. R. Scotese, PALEOMAP Project.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039; donnera le cœur de l&#039;Amérique du Nord (avec le Groenland et l&#039;Écosse).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039; celui de l&#039;Europe du Nord (Scandinavie, pays baltes, plaine russe).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039;, plus petite, se retrouvera éclatée de part et d&#039;autre de l&#039;actuel Atlantique — Angleterre, pays de Galles et sud de l&#039;Irlande d&#039;un côté ; façade atlantique du Canada et de la Nouvelle-Angleterre de l&#039;autre.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039;, immense continent austral, donnera une grande partie des continents actuels de l&#039;hémisphère sud : l&#039;Afrique, l&#039;Amérique du Sud, l&#039;Antarctique, l&#039;Australie, l&#039;Inde et Madagascar, ainsi que l&#039;Arabie. Sa marge nord fournira aussi plusieurs fragments continentaux qui joueront un rôle majeur dans l&#039;histoire géologique de l&#039;Europe, notamment certains éléments impliqués plus tard dans les chaînes varisques puis alpines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sud, l&#039;océan Rhéique, ouvert dès l&#039;Ordovicien inférieur, continue de s&#039;élargir ; à l&#039;est s&#039;étend déjà le Proto-Téthys, océan plus ancien occupant les domaines situés encore plus au nord-est. La Paléotéthys, elle, ne s&#039;ouvrira que plus tard, au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vivant, le contraste entre les océans et les continents est très marqué. Les mers sont déjà riches en biodiversité : trilobites, brachiopodes, graptolites, premiers céphalopodes, coraux et crinoïdes se développent au cours de la grande diversification ordovicienne. Les premiers poissons, encore sans mâchoires, sont également présents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les continents, en revanche, restent presque entièrement nus. La vie y est très limitée : seules de petites plantes primitives, proches des mousses et des hépatiques, commencent à coloniser les zones humides littorales. Aucun animal terrestre n&#039;est encore véritablement installé. Les plantes vasculaires, les premières forêts et une faune terrestre diversifiée apparaîtront plus tard, surtout au Silurien puis au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le fil de l&#039;article, période par période ==&lt;br /&gt;
Le même cycle revient sans cesse, en trois temps :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Quand deux plaques tectoniques s&#039;écartent, un océan s&#039;ouvre entre elles (rift).&lt;br /&gt;
* Quand elles se rapprochent, le plancher océanique replonge dans le manteau (subduction) et l&#039;océan se referme.&lt;br /&gt;
* Quand les continents finissent par entrer en contact, leur collision soulève des montagnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Cycle-de-Wilson.png|thumb|center|600px|Le cycle de Wilson en trois temps : ouverture par rift, fermeture par subduction, puis collision et soulèvement de montagnes. Figure des auteurs.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le long de la marge nord du Gondwana, ce cycle va se rejouer bloc après bloc : un fragment continental se détache et migre vers le nord ; derrière lui un nouvel océan s&#039;ouvre et devant lui l&#039;océan plus ancien se referme. Les blocs se suivent à la file, chacun décalé d&#039;une centaine de millions d&#039;années sur le précédent, si bien qu&#039;un océan naît toujours quelque part pendant qu&#039;un autre achève de mourir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du paléozoïque au cénozoïque, cinq tours de ce cycle suffisent à raconter toute l&#039;histoire : à chaque fois, un océan se ferme là où un bloc arrive pendant qu&#039;un autre s&#039;ouvre dans son sillage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Chronologie-Cinq-Cycles.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cambrien – Ordovicien – Silurien — la naissance de la Laurussia.&#039;&#039;&#039; Tout commence par un premier départ : Baltica (la future Europe du Nord) se détache du Gondwana et dérive vers Laurentia (le noyau de l&#039;Amérique du Nord). En s&#039;avançant, elle grignote l&#039;océan qui les sépare, l&#039;Iapetus. Un second bloc suit, Avalonia, qui quitte à son tour le Gondwana ; derrière lui s&#039;ouvre un océan neuf, le Rhéique, pendant que devant lui l&#039;Iapetus achève de se fermer. Quand les trois masses — Laurentia, Baltica, Avalonia — finissent par se percuter, l&#039;Iapetus disparaît et les chaînes calédoniennes se soulèvent : un premier grand continent est né, la Laurussia.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Dévonien – Carbonifère — la marche vers la Pangée.&#039;&#039;&#039; Le cycle recommence aussitôt. Un nouveau train de blocs, les terrains huniques, se détache de la marge nord du Gondwana et file vers le nord. Devant eux, le Rhéique se referme ; derrière eux s&#039;ouvre déjà l&#039;océan suivant, la Paléotéthys. Pièce après pièce, les continents se rassemblent en un seul : la Pangée.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Permien – Trias — le relais cimmérien.&#039;&#039;&#039; Même scénario, acteurs suivants : les blocs cimmériens se détachent du Gondwana et partent vers le nord. La Paléotéthys se referme devant eux tandis que, dans leur sillage, s&#039;ouvre la Néotéthys. Le tapis roulant tectonique ne s&#039;arrête jamais : un océan meurt à l&#039;avant, un autre naît à l&#039;arrière.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Jurassique – Crétacé — la Pangée se brise.&#039;&#039;&#039; Le supercontinent, trop vaste, se disloque. À l&#039;ouest s&#039;ouvre un océan tout neuf, l&#039;Atlantique. À l&#039;est, un dernier convoi de blocs gondwaniens — l&#039;Inde et l&#039;Arabie en tête — se met en route vers l&#039;Eurasie : le plancher de la Néotéthys s&#039;enfonce sous sa marge nord (subduction), et l&#039;océan commence à se refermer.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cénozoïque (≈ 66–0 Ma) — la fermeture finale.&#039;&#039;&#039; Les blocs en marche arrivent au but et percutent l&#039;Eurasie : l&#039;Inde soulève l&#039;Himalaya, l&#039;Arabie les Zagros, l&#039;Afrique les Alpes. La Néotéthys, écrasée entre eux, n&#039;est plus qu&#039;un souvenir — il n&#039;en reste qu&#039;une flaque, la Méditerranée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== I. Cambrien – Ordovicien – Silurien : l&#039;assemblage de la Laurussia ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-I-Laurussia-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Ordovicien-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Paléogéographie de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) : Panthalassa, Iapetus en fermeture, Rhéique en expansion, Proto-Téthys. Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant le Cambrien et l&#039;Ordovicien, plusieurs blocs continentaux sont encore séparés par l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Iapetus&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. Au nord-ouest se trouve &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039;, qui correspond à l&#039;Amérique du Nord actuelle, au Groenland et à une partie de l&#039;Écosse. À l&#039;est se trouve &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039;, futur noyau de l&#039;Europe du Nord. Plus au sud, &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039; se détache progressivement de la marge nord du Gondwana et dérive vers le nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de l&#039;Ordovicien supérieur et surtout au Silurien, l&#039;océan Iapetus se referme. La convergence rapproche Laurentia, Baltica et Avalonia, jusqu&#039;à leur collision. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse calédonienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, une grande phase de formation de montagnes. Elle soude ces blocs en un nouveau continent : &#039;&#039;&#039;la Laurussia&#039;&#039;&#039;, aussi appelée Euramerica ou continent des Vieux Grès Rouges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
L&#039;orogenèse calédonienne a laissé des traces majeures autour de l&#039;Atlantique Nord actuel. Ses racines, aujourd&#039;hui très érodées, affleurent notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Highlands d&#039;Écosse&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Irlande&#039;&#039;&#039; et au nord de l&#039;Angleterre ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Norvège&#039;&#039;&#039; et en Suède occidentale ;&lt;br /&gt;
* au &#039;&#039;&#039;Groenland oriental&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Appalaches du nord&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== II. Dévonien – Carbonifère : la marche vers la Pangée ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-II-Pangee-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Pangee-Carbonifere-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Assemblage de la Pangée au Carbonifère : collision Gondwana–Laurussia, à l&#039;origine des orogenèses varisque (Europe) et alléghanienne (Amérique du Nord). Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Dévonien, la Laurussia est déjà assemblée au nord. Plus au sud, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Rhéique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; sépare encore ce continent des marges du Gondwana. Entre les deux se déplacent des fragments continentaux issus de la marge nord du Gondwana : les &#039;&#039;&#039;terrains huniques européens&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces terrains migrent vers le nord. Leur déplacement a deux conséquences opposées. Devant eux, l&#039;espace rhéique se réduit progressivement par subduction. Derrière eux, leur détachement ouvre et agrandit la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039;. Les terrains huniques européens forment donc une zone mobile entre Gondwana et Laurussia : ils participent à la fermeture du Rhéique tout en accompagnant l&#039;ouverture de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Carbonifère, la convergence s&#039;intensifie. L&#039;océan Rhéique disparaît, puis le Gondwana entre en collision avec la Laurussia. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse varisque&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Europe et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse alléghanienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord. C&#039;est une étape décisive dans l&#039;assemblage de la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les terrains huniques européens sont aujourd&#039;hui incorporés dans les massifs anciens d&#039;Europe occidentale et centrale. On en retrouve les traces dans :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif armoricain&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif central&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Vosges&#039;&#039;&#039; et la &#039;&#039;&#039;Forêt-Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif bohémien&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le nord-ouest de la &#039;&#039;&#039;péninsule Ibérique&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces régions contiennent des socles d&#039;origine gondwanienne, des séries sédimentaires paléozoïques, des granites et des roches métamorphiques formés pendant la dérive, la subduction puis la collision. Elles témoignent du trajet des terrains huniques européens : détachement du Gondwana, migration vers le nord, puis intégration dans la chaîne varisque lors de la construction de la Pangée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Hunterranes.png|thumb|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== III. Permien – Trias : le relais cimmérien ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-III-Cimmeriens-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Cimmeriens-Trias-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Collision des blocs cimmériens contre la marge sud de l&#039;Eurasie au Trias, achevant la fermeture de la Paléotéthys. Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Permien, la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039; est presque assemblée. La fermeture du Rhéique est achevée ou en voie de l&#039;être, et la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; occupe encore un vaste domaine océanique au sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est alors qu&#039;un nouveau chapelet de fragments continentaux se détache de la marge nord du &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039; : les &#039;&#039;&#039;blocs cimmériens&#039;&#039;&#039;. Ils comprennent plusieurs domaines qui formeront plus tard une partie de l&#039;architecture géologique de l&#039;Asie méridionale et du Moyen-Orient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces blocs migrent vers le nord. Le même mécanisme que pour les terrains huniques se répète :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;devant eux&#039;&#039;&#039;, la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; se referme par subduction ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;derrière eux&#039;&#039;&#039;, leur détachement ouvre un nouvel océan : la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Trias, les blocs cimmériens atteignent la marge sud de l&#039;Eurasie. Leur collision achève la fermeture de la Paléotéthys et forme une série de sutures et de chaînes anciennes, souvent ensuite reprises par les collisions alpines et himalayennes plus récentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les blocs cimmériens ne correspondent pas à un seul continent compact, mais à une série de fragments dispersés. Leurs traces se retrouvent aujourd&#039;hui dans plusieurs régions situées entre l&#039;Europe orientale, le Moyen-Orient et l&#039;Asie :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et Anatolie ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Iran&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Afghanistan&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Asie du Sud-Est&#039;&#039;&#039;, notamment autour de la Thaïlande, de la Malaisie, du Myanmar et de l&#039;Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On les reconnaît par des socles continentaux anciens, des séries sédimentaires déposées en bordure du Gondwana, des ophiolites issues d&#039;anciens planchers océaniques, et des zones de suture marquant la disparition de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces fragments témoignent d&#039;un nouveau relais océanique : après la Paléotéthys, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; devient le grand océan séparant le Gondwana de l&#039;Eurasie. C&#039;est dans ce cadre que se préparent les grandes collisions du Mésozoïque et du Cénozoïque, notamment celles qui formeront plus tard les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== IV. Jurassique – Crétacé : la Pangée se brise ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-IV-Pangee-Brise-Entete.png|thumb|center|600px|Chronologie du Phanérozoïque : le Jurassique et le Crétacé (201–66 Ma), période de fragmentation de la Pangée.]]&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-IV-Pangee-Brise-2.png|thumb|center|600px|Carte paléogéographique il y a 150 millions d&#039;années (Jurassique supérieur) : la Pangée se fragmente en Laurasia (nord) et Gondwana (sud), avec ouverture initiale de l&#039;Atlantique central. Source : d&#039;après C. R. Scotese, PALEOMAP Project.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Jurassique et au Crétacé, la logique change d&#039;échelle. La &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;, formée à la fin du Paléozoïque, ne reste pas un supercontinent stable. Elle commence à se fracturer sous l&#039;effet de grands systèmes de rifts, qui ouvrent de nouveaux océans tout en modifiant la circulation océanique, le climat et les marges continentales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux dynamiques se produisent en parallèle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre ;&lt;br /&gt;
* à l&#039;est, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; commence à se refermer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est donc pas une simple succession d&#039;océans qui s&#039;ouvrent puis se ferment au même endroit. C&#039;est un système global : pendant qu&#039;un nouvel océan se crée par divergence, un autre entre en subduction ailleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Atlantique s&#039;ouvre ===&lt;br /&gt;
La Pangée, à peine assemblée, commence à se fragmenter. Au Jurassique, des rifts s&#039;installent entre l&#039;Amérique du Nord, l&#039;Europe et l&#039;Afrique. Ces fractures continentales évoluent progressivement en un nouvel océan : l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique central&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, l&#039;ouverture sépare l&#039;Amérique du Nord de l&#039;Afrique et de l&#039;Europe. Puis, au Crétacé, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique Sud&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre à son tour entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique. Les deux continents s&#039;éloignent progressivement, laissant place à une dorsale océanique active qui fabrique encore aujourd&#039;hui du plancher océanique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
L&#039;ouverture de l&#039;Atlantique se lit directement dans la géographie actuelle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la complémentarité des côtes entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique ;&lt;br /&gt;
* les marges passives de part et d&#039;autre de l&#039;Atlantique, comme celles du Brésil, de l&#039;Afrique de l&#039;Ouest, de l&#039;est des États-Unis et de l&#039;Europe occidentale ;&lt;br /&gt;
* les bassins sédimentaires formés lors du rifting, souvent riches en dépôts marins et en hydrocarbures ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;dorsale médio-atlantique&#039;&#039;&#039;, qui marque encore aujourd&#039;hui la zone de divergence entre les plaques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Atlantique ne résulte donc pas de la fermeture des océans téthysiens. Il représente l&#039;autre moitié du cycle tectonique : on crée de l&#039;océan à l&#039;ouest pendant qu&#039;on en détruit à l&#039;est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Téthys alpine, l&#039;océan des Alpes suisses ===&lt;br /&gt;
Au même moment se joue, entre l&#039;Europe et le promontoire africain qu&#039;est le bloc &#039;&#039;&#039;Adria&#039;&#039;&#039;, un épisode d&#039;échelle plus modeste mais capital pour nos régions : l&#039;ouverture de la &#039;&#039;&#039;Téthys alpine&#039;&#039;&#039;. Il ne s&#039;agit pas de la grande Néotéthys, mais d&#039;un chapelet de bassins océaniques étroits — l&#039;&#039;&#039;océan Piémontais-Ligure&#039;&#039;&#039;, puis l&#039;&#039;&#039;océan Valaisan&#039;&#039;&#039; — qui se forment au Jurassique, dans le prolongement de l&#039;ouverture de l&#039;Atlantique central. Ce sont précisément ces bras océaniques, et non la Néotéthys proprement dite, dont la fermeture au Cénozoïque édifiera les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;. Leurs vestiges s&#039;observent aujourd&#039;hui dans les nappes alpines sous forme d&#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039; — les « roches vertes » du Valais et des Grisons —, témoins de cet océan disparu. Nous aborderons ceci dans un autre article.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Néotéthys, de l&#039;apogée à la subduction ===&lt;br /&gt;
Pendant que l&#039;Atlantique s&#039;ouvre, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; atteint son extension maximale entre le Gondwana au sud et l&#039;Eurasie au nord. Elle sépare encore l&#039;Afrique, l&#039;Arabie, l&#039;Inde et d&#039;autres blocs méridionaux de la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir du Jurassique et surtout du Crétacé, cette dynamique s&#039;inverse progressivement. Le plancher océanique de la Néotéthys commence à entrer en &#039;&#039;&#039;subduction&#039;&#039;&#039; sous les marges nord, notamment sous les domaines eurasiens. Cette subduction consomme peu à peu l&#039;océan et prépare les grandes collisions du Cénozoïque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Les restes de la Néotéthys sont aujourd&#039;hui fragmentés et incorporés dans les grandes chaînes de collision :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, issues de la fermeture de branches occidentales de la Téthys ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039; et les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039; dans les Balkans et en Grèce ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et les zones de suture anatoliennes ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, lié à la collision entre l&#039;Arabie et l&#039;Eurasie ;&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, formé après la fermeture de la Néotéthys entre l&#039;Inde et l&#039;Asie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On y retrouve des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire des fragments d&#039;ancien plancher océanique, ainsi que des roches marines profondes, des arcs magmatiques et des zones de suture. Ces éléments sont les témoins de l&#039;ancien océan néotéthysien, aujourd&#039;hui presque entièrement disparu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== V. Cénozoïque : la fermeture finale ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-V-Cenozoique-Entete.png|thumb|center|600px|Le Cénozoïque (Paléogène, Néogène, Quaternaire), période de fermeture de la Néotéthys et des grandes collisions continentales]]&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-V-Cenozoique-2.png|thumb|center|600px|Carte paléogéographique il y a 100 millions d&#039;années (Crétacé) : ouverture de l&#039;Atlantique sud, Inde en migration vers le nord et Néotéthys encore ouverte entre le Gondwana et l&#039;Eurasie. Source : d&#039;après C. R. Scotese, PALEOMAP Project.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cénozoïque, la dynamique amorcée au Mésozoïque arrive à son terme. La &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;, qui séparait encore plusieurs fragments issus du Gondwana de l&#039;Eurasie, se referme progressivement. Les derniers grands blocs méridionaux — &#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039; et &#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039; — convergent vers le nord et entrent en collision avec la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette fermeture ne produit pas une seule chaîne continue, mais un vaste ensemble de chaînes de collision, de plateaux élevés, de bassins résiduels et de sutures océaniques. C&#039;est la dernière grande étape du cycle téthysien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Inde, Arabie, Afrique ===&lt;br /&gt;
L&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; se détache du Gondwana puis traverse rapidement la Néotéthys vers le nord. Au début du Cénozoïque, elle entre en collision avec l&#039;Asie. Cette collision provoque la formation de l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le soulèvement du &#039;&#039;&#039;plateau du Tibet&#039;&#039;&#039;. Elle se poursuit encore aujourd&#039;hui, ce qui explique l&#039;altitude extrême de la région et sa forte activité sismique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; migre elle aussi vers le nord. Sa collision avec l&#039;Eurasie ferme les domaines marins néotéthysiens du Moyen-Orient et édifie les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, grande chaîne plissée qui traverse notamment l&#039;Iran et l&#039;Irak.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la convergence entre l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Europe&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; réduit les derniers bassins téthysiens occidentaux. Elle participe à la formation des &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Apennins&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, de l&#039;Atlas et de nombreuses chaînes méditerranéennes. La Méditerranée actuelle correspond à un domaine résiduel complexe, hérité de cette fermeture incomplète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Cette fermeture finale se lit encore directement dans les grands reliefs actuels :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Inde–Asie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Arabie–Eurasie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039; et les chaînes méditerranéennes, liées à la convergence Afrique–Europe ;&lt;br /&gt;
* les séismes actifs de l&#039;Himalaya, d&#039;Iran, de Turquie, de Grèce et d&#039;Italie, qui montrent que la convergence n&#039;est pas terminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Vestiges actuels ===&lt;br /&gt;
Les océans téthysiens n&#039;ont pas disparu sans traces. Une partie de leur héritage subsiste dans les mers et bassins actuels, notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Méditerranée&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Caspienne&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* certains bassins internes d&#039;Anatolie, d&#039;Iran et d&#039;Asie centrale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais les traces les plus directes se trouvent dans les chaînes de collision. On y observe des &#039;&#039;&#039;sutures&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire les zones où les anciens océans se sont refermés, ainsi que des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, fragments d&#039;ancien plancher océanique aujourd&#039;hui portés en altitude.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces vestiges sont visibles dans les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Oman&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;. Ils montrent qu&#039;un océan entier peut disparaître par subduction, tout en laissant derrière lui des fragments de croûte océanique, des roches marines profondes et de grandes zones de collision.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
L&#039;histoire n&#039;est pas une succession simple où un océan disparaît avant que le suivant n&#039;apparaisse. Le Proto-Téthys, le Rhéique et la Paléotéthys ont partiellement coexisté, et leur évolution dépend du déplacement de blocs continentaux issus du Gondwana.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
* Ruban, Dmitry &amp;amp; Al-Husseini, Moujahed &amp;amp; Iwasaki, Yumiko. (2007). &#039;&#039;Review of Middle East Paleozoic Plate tectonics.&#039;&#039; GeoArabia 12, 35–56. {{doi|10.2113/geoarabia120335}}&lt;br /&gt;
* Stampfli, G. M. &amp;amp; Borel, G. D. (2002). &#039;&#039;A plate tectonic model for the Paleozoic and Mesozoic constrained by dynamic plate boundaries and restored synthetic oceanic isochrons.&#039;&#039; Earth and Planetary Science Letters, 196(1–2), 17–33. [https://doi.org/10.1016/S0012-821X(01)00588-X doi:10.1016/S0012-821X(01)00588-X]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Géologie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Tectonique des plaques]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Paléogéographie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
	</entry>
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		<id>https://wiki.nblotti.org/index.php?title=File:Hunterranes.png&amp;diff=33</id>
		<title>File:Hunterranes.png</title>
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		<updated>2026-06-21T13:20:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
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	<entry>
		<id>https://wiki.nblotti.org/index.php?title=Histoire_chronologique_des_grands_oc%C3%A9ans_du_Phan%C3%A9rozo%C3%AFque&amp;diff=32</id>
		<title>Histoire chronologique des grands océans du Phanérozoïque</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.nblotti.org/index.php?title=Histoire_chronologique_des_grands_oc%C3%A9ans_du_Phan%C3%A9rozo%C3%AFque&amp;diff=32"/>
		<updated>2026-06-17T12:27:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;tectonique des plaques&#039;&#039;&#039; transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tectonique des plaques transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les Alpes suisses, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une scène de départ : l&#039;Ordovicien supérieur au Paléozoïque (≈ 450 Ma) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour situer les acteurs, partons d&#039;un instantané du Paléozoïque inférieur. Les continents sont alors dispersés autour du super-océan Panthalassa. Laurentia, Baltica et Avalonia ne sont pas encore réunies : entre elles se referme l&#039;océan Iapetus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Image.png|thumb|center|600px]]&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Ordovicien-450Ma-Scotese.png|thumb|center|600px|Carte paléogéographique de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) : Laurentia, Baltica, Avalonia, Siberia et Gondwana ; océans Iapetus, Rhéique et Proto-Téthys. Source : Encyclopædia Britannica, Inc. ; d&#039;après C. R. Scotese, PALEOMAP Project.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039; donnera le cœur de l&#039;Amérique du Nord (avec le Groenland et l&#039;Écosse).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039; celui de l&#039;Europe du Nord (Scandinavie, pays baltes, plaine russe).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039;, plus petite, se retrouvera éclatée de part et d&#039;autre de l&#039;actuel Atlantique — Angleterre, pays de Galles et sud de l&#039;Irlande d&#039;un côté ; façade atlantique du Canada et de la Nouvelle-Angleterre de l&#039;autre.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039;, immense continent austral, donnera une grande partie des continents actuels de l&#039;hémisphère sud : l&#039;Afrique, l&#039;Amérique du Sud, l&#039;Antarctique, l&#039;Australie, l&#039;Inde et Madagascar, ainsi que l&#039;Arabie. Sa marge nord fournira aussi plusieurs fragments continentaux qui joueront un rôle majeur dans l&#039;histoire géologique de l&#039;Europe, notamment certains éléments impliqués plus tard dans les chaînes varisques puis alpines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sud, l&#039;océan Rhéique, ouvert dès l&#039;Ordovicien inférieur, continue de s&#039;élargir ; à l&#039;est s&#039;étend déjà le Proto-Téthys, océan plus ancien occupant les domaines situés encore plus au nord-est. La Paléotéthys, elle, ne s&#039;ouvrira que plus tard, au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vivant, le contraste entre les océans et les continents est très marqué. Les mers sont déjà riches en biodiversité : trilobites, brachiopodes, graptolites, premiers céphalopodes, coraux et crinoïdes se développent au cours de la grande diversification ordovicienne. Les premiers poissons, encore sans mâchoires, sont également présents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les continents, en revanche, restent presque entièrement nus. La vie y est très limitée : seules de petites plantes primitives, proches des mousses et des hépatiques, commencent à coloniser les zones humides littorales. Aucun animal terrestre n&#039;est encore véritablement installé. Les plantes vasculaires, les premières forêts et une faune terrestre diversifiée apparaîtront plus tard, surtout au Silurien puis au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le fil de l&#039;article, période par période ==&lt;br /&gt;
Le même cycle revient sans cesse, en trois temps :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Quand deux plaques tectoniques s&#039;écartent, un océan s&#039;ouvre entre elles (rift).&lt;br /&gt;
* Quand elles se rapprochent, le plancher océanique replonge dans le manteau (subduction) et l&#039;océan se referme.&lt;br /&gt;
* Quand les continents finissent par entrer en contact, leur collision soulève des montagnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Cycle-de-Wilson.png|thumb|center|600px|Le cycle de Wilson en trois temps : ouverture par rift, fermeture par subduction, puis collision et soulèvement de montagnes. Figure des auteurs.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le long de la marge nord du Gondwana, ce cycle va se rejouer bloc après bloc : un fragment continental se détache et migre vers le nord ; derrière lui un nouvel océan s&#039;ouvre et devant lui l&#039;océan plus ancien se referme. Les blocs se suivent à la file, chacun décalé d&#039;une centaine de millions d&#039;années sur le précédent, si bien qu&#039;un océan naît toujours quelque part pendant qu&#039;un autre achève de mourir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du paléozoïque au cénozoïque, cinq tours de ce cycle suffisent à raconter toute l&#039;histoire : à chaque fois, un océan se ferme là où un bloc arrive pendant qu&#039;un autre s&#039;ouvre dans son sillage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Chronologie-Cinq-Cycles.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cambrien – Ordovicien – Silurien — la naissance de la Laurussia.&#039;&#039;&#039; Tout commence par un premier départ : Baltica (la future Europe du Nord) se détache du Gondwana et dérive vers Laurentia (le noyau de l&#039;Amérique du Nord). En s&#039;avançant, elle grignote l&#039;océan qui les sépare, l&#039;Iapetus. Un second bloc suit, Avalonia, qui quitte à son tour le Gondwana ; derrière lui s&#039;ouvre un océan neuf, le Rhéique, pendant que devant lui l&#039;Iapetus achève de se fermer. Quand les trois masses — Laurentia, Baltica, Avalonia — finissent par se percuter, l&#039;Iapetus disparaît et les chaînes calédoniennes se soulèvent : un premier grand continent est né, la Laurussia.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Dévonien – Carbonifère — la marche vers la Pangée.&#039;&#039;&#039; Le cycle recommence aussitôt. Un nouveau train de blocs, les terrains huniques, se détache de la marge nord du Gondwana et file vers le nord. Devant eux, le Rhéique se referme ; derrière eux s&#039;ouvre déjà l&#039;océan suivant, la Paléotéthys. Pièce après pièce, les continents se rassemblent en un seul : la Pangée.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Permien – Trias — le relais cimmérien.&#039;&#039;&#039; Même scénario, acteurs suivants : les blocs cimmériens se détachent du Gondwana et partent vers le nord. La Paléotéthys se referme devant eux tandis que, dans leur sillage, s&#039;ouvre la Néotéthys. Le tapis roulant tectonique ne s&#039;arrête jamais : un océan meurt à l&#039;avant, un autre naît à l&#039;arrière.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Jurassique – Crétacé — la Pangée se brise.&#039;&#039;&#039; Le supercontinent, trop vaste, se disloque. À l&#039;ouest s&#039;ouvre un océan tout neuf, l&#039;Atlantique. À l&#039;est, un dernier convoi de blocs gondwaniens — l&#039;Inde et l&#039;Arabie en tête — se met en route vers l&#039;Eurasie : le plancher de la Néotéthys s&#039;enfonce sous sa marge nord (subduction), et l&#039;océan commence à se refermer.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cénozoïque (≈ 66–0 Ma) — la fermeture finale.&#039;&#039;&#039; Les blocs en marche arrivent au but et percutent l&#039;Eurasie : l&#039;Inde soulève l&#039;Himalaya, l&#039;Arabie les Zagros, l&#039;Afrique les Alpes. La Néotéthys, écrasée entre eux, n&#039;est plus qu&#039;un souvenir — il n&#039;en reste qu&#039;une flaque, la Méditerranée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== I. Cambrien – Ordovicien – Silurien : l&#039;assemblage de la Laurussia ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-I-Laurussia-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Ordovicien-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Paléogéographie de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) : Panthalassa, Iapetus en fermeture, Rhéique en expansion, Proto-Téthys. Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant le Cambrien et l&#039;Ordovicien, plusieurs blocs continentaux sont encore séparés par l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Iapetus&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. Au nord-ouest se trouve &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039;, qui correspond à l&#039;Amérique du Nord actuelle, au Groenland et à une partie de l&#039;Écosse. À l&#039;est se trouve &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039;, futur noyau de l&#039;Europe du Nord. Plus au sud, &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039; se détache progressivement de la marge nord du Gondwana et dérive vers le nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de l&#039;Ordovicien supérieur et surtout au Silurien, l&#039;océan Iapetus se referme. La convergence rapproche Laurentia, Baltica et Avalonia, jusqu&#039;à leur collision. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse calédonienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, une grande phase de formation de montagnes. Elle soude ces blocs en un nouveau continent : &#039;&#039;&#039;la Laurussia&#039;&#039;&#039;, aussi appelée Euramerica ou continent des Vieux Grès Rouges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
L&#039;orogenèse calédonienne a laissé des traces majeures autour de l&#039;Atlantique Nord actuel. Ses racines, aujourd&#039;hui très érodées, affleurent notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Highlands d&#039;Écosse&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Irlande&#039;&#039;&#039; et au nord de l&#039;Angleterre ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Norvège&#039;&#039;&#039; et en Suède occidentale ;&lt;br /&gt;
* au &#039;&#039;&#039;Groenland oriental&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Appalaches du nord&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== II. Dévonien – Carbonifère : la marche vers la Pangée ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-II-Pangee-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Pangee-Carbonifere-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Assemblage de la Pangée au Carbonifère : collision Gondwana–Laurussia, à l&#039;origine des orogenèses varisque (Europe) et alléghanienne (Amérique du Nord). Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Dévonien, la Laurussia est déjà assemblée au nord. Plus au sud, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Rhéique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; sépare encore ce continent des marges du Gondwana. Entre les deux se déplacent des fragments continentaux issus de la marge nord du Gondwana : les &#039;&#039;&#039;terrains huniques européens&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces terrains migrent vers le nord. Leur déplacement a deux conséquences opposées. Devant eux, l&#039;espace rhéique se réduit progressivement par subduction. Derrière eux, leur détachement ouvre et agrandit la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039;. Les terrains huniques européens forment donc une zone mobile entre Gondwana et Laurussia : ils participent à la fermeture du Rhéique tout en accompagnant l&#039;ouverture de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Carbonifère, la convergence s&#039;intensifie. L&#039;océan Rhéique disparaît, puis le Gondwana entre en collision avec la Laurussia. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse varisque&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Europe et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse alléghanienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord. C&#039;est une étape décisive dans l&#039;assemblage de la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les terrains huniques européens sont aujourd&#039;hui incorporés dans les massifs anciens d&#039;Europe occidentale et centrale. On en retrouve les traces dans :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif armoricain&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif central&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Vosges&#039;&#039;&#039; et la &#039;&#039;&#039;Forêt-Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif bohémien&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le nord-ouest de la &#039;&#039;&#039;péninsule Ibérique&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces régions contiennent des socles d&#039;origine gondwanienne, des séries sédimentaires paléozoïques, des granites et des roches métamorphiques formés pendant la dérive, la subduction puis la collision. Elles témoignent du trajet des terrains huniques européens : détachement du Gondwana, migration vers le nord, puis intégration dans la chaîne varisque lors de la construction de la Pangée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== III. Permien – Trias : le relais cimmérien ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-III-Cimmeriens-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Cimmeriens-Trias-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Collision des blocs cimmériens contre la marge sud de l&#039;Eurasie au Trias, achevant la fermeture de la Paléotéthys. Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Permien, la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039; est presque assemblée. La fermeture du Rhéique est achevée ou en voie de l&#039;être, et la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; occupe encore un vaste domaine océanique au sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est alors qu&#039;un nouveau chapelet de fragments continentaux se détache de la marge nord du &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039; : les &#039;&#039;&#039;blocs cimmériens&#039;&#039;&#039;. Ils comprennent plusieurs domaines qui formeront plus tard une partie de l&#039;architecture géologique de l&#039;Asie méridionale et du Moyen-Orient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces blocs migrent vers le nord. Le même mécanisme que pour les terrains huniques se répète :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;devant eux&#039;&#039;&#039;, la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; se referme par subduction ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;derrière eux&#039;&#039;&#039;, leur détachement ouvre un nouvel océan : la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Trias, les blocs cimmériens atteignent la marge sud de l&#039;Eurasie. Leur collision achève la fermeture de la Paléotéthys et forme une série de sutures et de chaînes anciennes, souvent ensuite reprises par les collisions alpines et himalayennes plus récentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les blocs cimmériens ne correspondent pas à un seul continent compact, mais à une série de fragments dispersés. Leurs traces se retrouvent aujourd&#039;hui dans plusieurs régions situées entre l&#039;Europe orientale, le Moyen-Orient et l&#039;Asie :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et Anatolie ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Iran&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Afghanistan&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Asie du Sud-Est&#039;&#039;&#039;, notamment autour de la Thaïlande, de la Malaisie, du Myanmar et de l&#039;Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On les reconnaît par des socles continentaux anciens, des séries sédimentaires déposées en bordure du Gondwana, des ophiolites issues d&#039;anciens planchers océaniques, et des zones de suture marquant la disparition de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces fragments témoignent d&#039;un nouveau relais océanique : après la Paléotéthys, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; devient le grand océan séparant le Gondwana de l&#039;Eurasie. C&#039;est dans ce cadre que se préparent les grandes collisions du Mésozoïque et du Cénozoïque, notamment celles qui formeront plus tard les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== IV. Jurassique – Crétacé : la Pangée se brise ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-IV-Pangee-Brise-Entete.png|thumb|center|600px|Chronologie du Phanérozoïque : le Jurassique et le Crétacé (201–66 Ma), période de fragmentation de la Pangée.]]&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-IV-Pangee-Brise-2.png|thumb|center|600px|Carte paléogéographique il y a 150 millions d&#039;années (Jurassique supérieur) : la Pangée se fragmente en Laurasia (nord) et Gondwana (sud), avec ouverture initiale de l&#039;Atlantique central. Source : d&#039;après C. R. Scotese, PALEOMAP Project.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Jurassique et au Crétacé, la logique change d&#039;échelle. La &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;, formée à la fin du Paléozoïque, ne reste pas un supercontinent stable. Elle commence à se fracturer sous l&#039;effet de grands systèmes de rifts, qui ouvrent de nouveaux océans tout en modifiant la circulation océanique, le climat et les marges continentales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux dynamiques se produisent en parallèle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre ;&lt;br /&gt;
* à l&#039;est, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; commence à se refermer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est donc pas une simple succession d&#039;océans qui s&#039;ouvrent puis se ferment au même endroit. C&#039;est un système global : pendant qu&#039;un nouvel océan se crée par divergence, un autre entre en subduction ailleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Atlantique s&#039;ouvre ===&lt;br /&gt;
La Pangée, à peine assemblée, commence à se fragmenter. Au Jurassique, des rifts s&#039;installent entre l&#039;Amérique du Nord, l&#039;Europe et l&#039;Afrique. Ces fractures continentales évoluent progressivement en un nouvel océan : l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique central&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, l&#039;ouverture sépare l&#039;Amérique du Nord de l&#039;Afrique et de l&#039;Europe. Puis, au Crétacé, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique Sud&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre à son tour entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique. Les deux continents s&#039;éloignent progressivement, laissant place à une dorsale océanique active qui fabrique encore aujourd&#039;hui du plancher océanique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
L&#039;ouverture de l&#039;Atlantique se lit directement dans la géographie actuelle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la complémentarité des côtes entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique ;&lt;br /&gt;
* les marges passives de part et d&#039;autre de l&#039;Atlantique, comme celles du Brésil, de l&#039;Afrique de l&#039;Ouest, de l&#039;est des États-Unis et de l&#039;Europe occidentale ;&lt;br /&gt;
* les bassins sédimentaires formés lors du rifting, souvent riches en dépôts marins et en hydrocarbures ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;dorsale médio-atlantique&#039;&#039;&#039;, qui marque encore aujourd&#039;hui la zone de divergence entre les plaques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Atlantique ne résulte donc pas de la fermeture des océans téthysiens. Il représente l&#039;autre moitié du cycle tectonique : on crée de l&#039;océan à l&#039;ouest pendant qu&#039;on en détruit à l&#039;est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Téthys alpine, l&#039;océan des Alpes suisses ===&lt;br /&gt;
Au même moment se joue, entre l&#039;Europe et le promontoire africain qu&#039;est le bloc &#039;&#039;&#039;Adria&#039;&#039;&#039;, un épisode d&#039;échelle plus modeste mais capital pour nos régions : l&#039;ouverture de la &#039;&#039;&#039;Téthys alpine&#039;&#039;&#039;. Il ne s&#039;agit pas de la grande Néotéthys, mais d&#039;un chapelet de bassins océaniques étroits — l&#039;&#039;&#039;océan Piémontais-Ligure&#039;&#039;&#039;, puis l&#039;&#039;&#039;océan Valaisan&#039;&#039;&#039; — qui se forment au Jurassique, dans le prolongement de l&#039;ouverture de l&#039;Atlantique central. Ce sont précisément ces bras océaniques, et non la Néotéthys proprement dite, dont la fermeture au Cénozoïque édifiera les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;. Leurs vestiges s&#039;observent aujourd&#039;hui dans les nappes alpines sous forme d&#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039; — les « roches vertes » du Valais et des Grisons —, témoins de cet océan disparu. Nous aborderons ceci dans un autre article.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Néotéthys, de l&#039;apogée à la subduction ===&lt;br /&gt;
Pendant que l&#039;Atlantique s&#039;ouvre, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; atteint son extension maximale entre le Gondwana au sud et l&#039;Eurasie au nord. Elle sépare encore l&#039;Afrique, l&#039;Arabie, l&#039;Inde et d&#039;autres blocs méridionaux de la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir du Jurassique et surtout du Crétacé, cette dynamique s&#039;inverse progressivement. Le plancher océanique de la Néotéthys commence à entrer en &#039;&#039;&#039;subduction&#039;&#039;&#039; sous les marges nord, notamment sous les domaines eurasiens. Cette subduction consomme peu à peu l&#039;océan et prépare les grandes collisions du Cénozoïque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Les restes de la Néotéthys sont aujourd&#039;hui fragmentés et incorporés dans les grandes chaînes de collision :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, issues de la fermeture de branches occidentales de la Téthys ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039; et les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039; dans les Balkans et en Grèce ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et les zones de suture anatoliennes ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, lié à la collision entre l&#039;Arabie et l&#039;Eurasie ;&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, formé après la fermeture de la Néotéthys entre l&#039;Inde et l&#039;Asie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On y retrouve des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire des fragments d&#039;ancien plancher océanique, ainsi que des roches marines profondes, des arcs magmatiques et des zones de suture. Ces éléments sont les témoins de l&#039;ancien océan néotéthysien, aujourd&#039;hui presque entièrement disparu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== V. Cénozoïque : la fermeture finale ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-V-Cenozoique-Entete.png|thumb|center|600px|Le Cénozoïque (Paléogène, Néogène, Quaternaire), période de fermeture de la Néotéthys et des grandes collisions continentales]]&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-V-Cenozoique-2.png|thumb|center|600px|Carte paléogéographique il y a 100 millions d&#039;années (Crétacé) : ouverture de l&#039;Atlantique sud, Inde en migration vers le nord et Néotéthys encore ouverte entre le Gondwana et l&#039;Eurasie. Source : d&#039;après C. R. Scotese, PALEOMAP Project.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cénozoïque, la dynamique amorcée au Mésozoïque arrive à son terme. La &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;, qui séparait encore plusieurs fragments issus du Gondwana de l&#039;Eurasie, se referme progressivement. Les derniers grands blocs méridionaux — &#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039; et &#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039; — convergent vers le nord et entrent en collision avec la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette fermeture ne produit pas une seule chaîne continue, mais un vaste ensemble de chaînes de collision, de plateaux élevés, de bassins résiduels et de sutures océaniques. C&#039;est la dernière grande étape du cycle téthysien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Inde, Arabie, Afrique ===&lt;br /&gt;
L&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; se détache du Gondwana puis traverse rapidement la Néotéthys vers le nord. Au début du Cénozoïque, elle entre en collision avec l&#039;Asie. Cette collision provoque la formation de l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le soulèvement du &#039;&#039;&#039;plateau du Tibet&#039;&#039;&#039;. Elle se poursuit encore aujourd&#039;hui, ce qui explique l&#039;altitude extrême de la région et sa forte activité sismique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; migre elle aussi vers le nord. Sa collision avec l&#039;Eurasie ferme les domaines marins néotéthysiens du Moyen-Orient et édifie les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, grande chaîne plissée qui traverse notamment l&#039;Iran et l&#039;Irak.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la convergence entre l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Europe&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; réduit les derniers bassins téthysiens occidentaux. Elle participe à la formation des &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Apennins&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, de l&#039;Atlas et de nombreuses chaînes méditerranéennes. La Méditerranée actuelle correspond à un domaine résiduel complexe, hérité de cette fermeture incomplète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Cette fermeture finale se lit encore directement dans les grands reliefs actuels :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Inde–Asie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Arabie–Eurasie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039; et les chaînes méditerranéennes, liées à la convergence Afrique–Europe ;&lt;br /&gt;
* les séismes actifs de l&#039;Himalaya, d&#039;Iran, de Turquie, de Grèce et d&#039;Italie, qui montrent que la convergence n&#039;est pas terminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Vestiges actuels ===&lt;br /&gt;
Les océans téthysiens n&#039;ont pas disparu sans traces. Une partie de leur héritage subsiste dans les mers et bassins actuels, notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Méditerranée&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Caspienne&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* certains bassins internes d&#039;Anatolie, d&#039;Iran et d&#039;Asie centrale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais les traces les plus directes se trouvent dans les chaînes de collision. On y observe des &#039;&#039;&#039;sutures&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire les zones où les anciens océans se sont refermés, ainsi que des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, fragments d&#039;ancien plancher océanique aujourd&#039;hui portés en altitude.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces vestiges sont visibles dans les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Oman&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;. Ils montrent qu&#039;un océan entier peut disparaître par subduction, tout en laissant derrière lui des fragments de croûte océanique, des roches marines profondes et de grandes zones de collision.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
L&#039;histoire n&#039;est pas une succession simple où un océan disparaît avant que le suivant n&#039;apparaisse. Le Proto-Téthys, le Rhéique et la Paléotéthys ont partiellement coexisté, et leur évolution dépend du déplacement de blocs continentaux issus du Gondwana.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
* Ruban, Dmitry &amp;amp; Al-Husseini, Moujahed &amp;amp; Iwasaki, Yumiko. (2007). &#039;&#039;Review of Middle East Paleozoic Plate tectonics.&#039;&#039; GeoArabia 12, 35–56. {{doi|10.2113/geoarabia120335}}&lt;br /&gt;
* Stampfli, G. M. &amp;amp; Borel, G. D. (2002). &#039;&#039;A plate tectonic model for the Paleozoic and Mesozoic constrained by dynamic plate boundaries and restored synthetic oceanic isochrons.&#039;&#039; Earth and Planetary Science Letters, 196(1–2), 17–33. [https://doi.org/10.1016/S0012-821X(01)00588-X doi:10.1016/S0012-821X(01)00588-X]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Géologie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Tectonique des plaques]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Paléogéographie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
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		<updated>2026-06-17T12:21:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
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		<title>Histoire chronologique des grands océans du Phanérozoïque</title>
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		<updated>2026-06-16T16:45:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: Légendes chapitres IV–V ; retrait image Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;tectonique des plaques&#039;&#039;&#039; transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tectonique des plaques transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les Alpes suisses, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une scène de départ : l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) ==&lt;br /&gt;
Pour situer les acteurs, partons d&#039;un instantané du Paléozoïque inférieur. Les continents sont alors dispersés autour du super-océan Panthalassa. Laurentia, Baltica et Avalonia ne sont pas encore réunies : entre elles se referme l&#039;océan Iapetus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Ordovicien-450Ma-Scotese.png|thumb|center|600px|Carte paléogéographique de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) : Laurentia, Baltica, Avalonia, Siberia et Gondwana ; océans Iapetus, Rhéique et Proto-Téthys. Source : Encyclopædia Britannica, Inc. ; d&#039;après C. R. Scotese, PALEOMAP Project.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039; donnera le cœur de l&#039;Amérique du Nord (avec le Groenland et l&#039;Écosse).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039; celui de l&#039;Europe du Nord (Scandinavie, pays baltes, plaine russe).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039;, plus petite, se retrouvera éclatée de part et d&#039;autre de l&#039;actuel Atlantique — Angleterre, pays de Galles et sud de l&#039;Irlande d&#039;un côté ; façade atlantique du Canada et de la Nouvelle-Angleterre de l&#039;autre.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039;, immense continent austral, donnera une grande partie des continents actuels de l&#039;hémisphère sud : l&#039;Afrique, l&#039;Amérique du Sud, l&#039;Antarctique, l&#039;Australie, l&#039;Inde et Madagascar, ainsi que l&#039;Arabie. Sa marge nord fournira aussi plusieurs fragments continentaux qui joueront un rôle majeur dans l&#039;histoire géologique de l&#039;Europe, notamment certains éléments impliqués plus tard dans les chaînes varisques puis alpines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sud, l&#039;océan Rhéique, ouvert dès l&#039;Ordovicien inférieur, continue de s&#039;élargir ; à l&#039;est s&#039;étend déjà le Proto-Téthys, océan plus ancien occupant les domaines situés encore plus au nord-est. La Paléotéthys, elle, ne s&#039;ouvrira que plus tard, au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vivant, le contraste entre les océans et les continents est très marqué. Les mers sont déjà riches en biodiversité : trilobites, brachiopodes, graptolites, premiers céphalopodes, coraux et crinoïdes se développent au cours de la grande diversification ordovicienne. Les premiers poissons, encore sans mâchoires, sont également présents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les continents, en revanche, restent presque entièrement nus. La vie y est très limitée : seules de petites plantes primitives, proches des mousses et des hépatiques, commencent à coloniser les zones humides littorales. Aucun animal terrestre n&#039;est encore véritablement installé. Les plantes vasculaires, les premières forêts et une faune terrestre diversifiée apparaîtront plus tard, surtout au Silurien puis au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le fil de l&#039;article, période par période ==&lt;br /&gt;
Le même cycle revient sans cesse, en trois temps :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Quand deux plaques tectoniques s&#039;écartent, un océan s&#039;ouvre entre elles (rift).&lt;br /&gt;
* Quand elles se rapprochent, le plancher océanique replonge dans le manteau (subduction) et l&#039;océan se referme.&lt;br /&gt;
* Quand les continents finissent par entrer en contact, leur collision soulève des montagnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Cycle-de-Wilson.png|thumb|center|600px|Le cycle de Wilson en trois temps : ouverture par rift, fermeture par subduction, puis collision et soulèvement de montagnes. Figure des auteurs.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le long de la marge nord du Gondwana, ce cycle va se rejouer bloc après bloc : un fragment continental se détache et migre vers le nord ; derrière lui un nouvel océan s&#039;ouvre et devant lui l&#039;océan plus ancien se referme. Les blocs se suivent à la file, chacun décalé d&#039;une centaine de millions d&#039;années sur le précédent, si bien qu&#039;un océan naît toujours quelque part pendant qu&#039;un autre achève de mourir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du paléozoïque au cénozoïque, cinq tours de ce cycle suffisent à raconter toute l&#039;histoire : à chaque fois, un océan se ferme là où un bloc arrive pendant qu&#039;un autre s&#039;ouvre dans son sillage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Chronologie-Cinq-Cycles.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cambrien – Ordovicien – Silurien — la naissance de la Laurussia.&#039;&#039;&#039; Tout commence par un premier départ : Baltica (la future Europe du Nord) se détache du Gondwana et dérive vers Laurentia (le noyau de l&#039;Amérique du Nord). En s&#039;avançant, elle grignote l&#039;océan qui les sépare, l&#039;Iapetus. Un second bloc suit, Avalonia, qui quitte à son tour le Gondwana ; derrière lui s&#039;ouvre un océan neuf, le Rhéique, pendant que devant lui l&#039;Iapetus achève de se fermer. Quand les trois masses — Laurentia, Baltica, Avalonia — finissent par se percuter, l&#039;Iapetus disparaît et les chaînes calédoniennes se soulèvent : un premier grand continent est né, la Laurussia.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Dévonien – Carbonifère — la marche vers la Pangée.&#039;&#039;&#039; Le cycle recommence aussitôt. Un nouveau train de blocs, les terrains huniques, se détache de la marge nord du Gondwana et file vers le nord. Devant eux, le Rhéique se referme ; derrière eux s&#039;ouvre déjà l&#039;océan suivant, la Paléotéthys. Pièce après pièce, les continents se rassemblent en un seul : la Pangée.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Permien – Trias — le relais cimmérien.&#039;&#039;&#039; Même scénario, acteurs suivants : les blocs cimmériens se détachent du Gondwana et partent vers le nord. La Paléotéthys se referme devant eux tandis que, dans leur sillage, s&#039;ouvre la Néotéthys. Le tapis roulant tectonique ne s&#039;arrête jamais : un océan meurt à l&#039;avant, un autre naît à l&#039;arrière.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Jurassique – Crétacé — la Pangée se brise.&#039;&#039;&#039; Le supercontinent, trop vaste, se disloque. À l&#039;ouest s&#039;ouvre un océan tout neuf, l&#039;Atlantique. À l&#039;est, un dernier convoi de blocs gondwaniens — l&#039;Inde et l&#039;Arabie en tête — se met en route vers l&#039;Eurasie : le plancher de la Néotéthys s&#039;enfonce sous sa marge nord (subduction), et l&#039;océan commence à se refermer.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cénozoïque (≈ 66–0 Ma) — la fermeture finale.&#039;&#039;&#039; Les blocs en marche arrivent au but et percutent l&#039;Eurasie : l&#039;Inde soulève l&#039;Himalaya, l&#039;Arabie les Zagros, l&#039;Afrique les Alpes. La Néotéthys, écrasée entre eux, n&#039;est plus qu&#039;un souvenir — il n&#039;en reste qu&#039;une flaque, la Méditerranée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== I. Cambrien – Ordovicien – Silurien : l&#039;assemblage de la Laurussia ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-I-Laurussia-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Ordovicien-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Paléogéographie de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) : Panthalassa, Iapetus en fermeture, Rhéique en expansion, Proto-Téthys. Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant le Cambrien et l&#039;Ordovicien, plusieurs blocs continentaux sont encore séparés par l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Iapetus&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. Au nord-ouest se trouve &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039;, qui correspond à l&#039;Amérique du Nord actuelle, au Groenland et à une partie de l&#039;Écosse. À l&#039;est se trouve &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039;, futur noyau de l&#039;Europe du Nord. Plus au sud, &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039; se détache progressivement de la marge nord du Gondwana et dérive vers le nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de l&#039;Ordovicien supérieur et surtout au Silurien, l&#039;océan Iapetus se referme. La convergence rapproche Laurentia, Baltica et Avalonia, jusqu&#039;à leur collision. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse calédonienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, une grande phase de formation de montagnes. Elle soude ces blocs en un nouveau continent : &#039;&#039;&#039;la Laurussia&#039;&#039;&#039;, aussi appelée Euramerica ou continent des Vieux Grès Rouges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
L&#039;orogenèse calédonienne a laissé des traces majeures autour de l&#039;Atlantique Nord actuel. Ses racines, aujourd&#039;hui très érodées, affleurent notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Highlands d&#039;Écosse&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Irlande&#039;&#039;&#039; et au nord de l&#039;Angleterre ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Norvège&#039;&#039;&#039; et en Suède occidentale ;&lt;br /&gt;
* au &#039;&#039;&#039;Groenland oriental&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Appalaches du nord&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== II. Dévonien – Carbonifère : la marche vers la Pangée ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-II-Pangee-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Pangee-Carbonifere-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Assemblage de la Pangée au Carbonifère : collision Gondwana–Laurussia, à l&#039;origine des orogenèses varisque (Europe) et alléghanienne (Amérique du Nord). Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Dévonien, la Laurussia est déjà assemblée au nord. Plus au sud, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Rhéique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; sépare encore ce continent des marges du Gondwana. Entre les deux se déplacent des fragments continentaux issus de la marge nord du Gondwana : les &#039;&#039;&#039;terrains huniques européens&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces terrains migrent vers le nord. Leur déplacement a deux conséquences opposées. Devant eux, l&#039;espace rhéique se réduit progressivement par subduction. Derrière eux, leur détachement ouvre et agrandit la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039;. Les terrains huniques européens forment donc une zone mobile entre Gondwana et Laurussia : ils participent à la fermeture du Rhéique tout en accompagnant l&#039;ouverture de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Carbonifère, la convergence s&#039;intensifie. L&#039;océan Rhéique disparaît, puis le Gondwana entre en collision avec la Laurussia. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse varisque&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Europe et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse alléghanienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord. C&#039;est une étape décisive dans l&#039;assemblage de la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les terrains huniques européens sont aujourd&#039;hui incorporés dans les massifs anciens d&#039;Europe occidentale et centrale. On en retrouve les traces dans :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif armoricain&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif central&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Vosges&#039;&#039;&#039; et la &#039;&#039;&#039;Forêt-Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif bohémien&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le nord-ouest de la &#039;&#039;&#039;péninsule Ibérique&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces régions contiennent des socles d&#039;origine gondwanienne, des séries sédimentaires paléozoïques, des granites et des roches métamorphiques formés pendant la dérive, la subduction puis la collision. Elles témoignent du trajet des terrains huniques européens : détachement du Gondwana, migration vers le nord, puis intégration dans la chaîne varisque lors de la construction de la Pangée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== III. Permien – Trias : le relais cimmérien ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-III-Cimmeriens-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Cimmeriens-Trias-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Collision des blocs cimmériens contre la marge sud de l&#039;Eurasie au Trias, achevant la fermeture de la Paléotéthys. Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Permien, la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039; est presque assemblée. La fermeture du Rhéique est achevée ou en voie de l&#039;être, et la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; occupe encore un vaste domaine océanique au sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est alors qu&#039;un nouveau chapelet de fragments continentaux se détache de la marge nord du &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039; : les &#039;&#039;&#039;blocs cimmériens&#039;&#039;&#039;. Ils comprennent plusieurs domaines qui formeront plus tard une partie de l&#039;architecture géologique de l&#039;Asie méridionale et du Moyen-Orient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces blocs migrent vers le nord. Le même mécanisme que pour les terrains huniques se répète :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;devant eux&#039;&#039;&#039;, la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; se referme par subduction ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;derrière eux&#039;&#039;&#039;, leur détachement ouvre un nouvel océan : la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Trias, les blocs cimmériens atteignent la marge sud de l&#039;Eurasie. Leur collision achève la fermeture de la Paléotéthys et forme une série de sutures et de chaînes anciennes, souvent ensuite reprises par les collisions alpines et himalayennes plus récentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les blocs cimmériens ne correspondent pas à un seul continent compact, mais à une série de fragments dispersés. Leurs traces se retrouvent aujourd&#039;hui dans plusieurs régions situées entre l&#039;Europe orientale, le Moyen-Orient et l&#039;Asie :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et Anatolie ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Iran&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Afghanistan&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Asie du Sud-Est&#039;&#039;&#039;, notamment autour de la Thaïlande, de la Malaisie, du Myanmar et de l&#039;Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On les reconnaît par des socles continentaux anciens, des séries sédimentaires déposées en bordure du Gondwana, des ophiolites issues d&#039;anciens planchers océaniques, et des zones de suture marquant la disparition de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces fragments témoignent d&#039;un nouveau relais océanique : après la Paléotéthys, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; devient le grand océan séparant le Gondwana de l&#039;Eurasie. C&#039;est dans ce cadre que se préparent les grandes collisions du Mésozoïque et du Cénozoïque, notamment celles qui formeront plus tard les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== IV. Jurassique – Crétacé : la Pangée se brise ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-IV-Pangee-Brise-Entete.png|thumb|center|600px|Chronologie du Phanérozoïque : le Jurassique et le Crétacé (201–66 Ma), période de fragmentation de la Pangée.]]&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-IV-Pangee-Brise-2.png|thumb|center|600px|Carte paléogéographique il y a 150 millions d&#039;années (Jurassique supérieur) : la Pangée se fragmente en Laurasia (nord) et Gondwana (sud), avec ouverture initiale de l&#039;Atlantique central. Source : d&#039;après C. R. Scotese, PALEOMAP Project.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Jurassique et au Crétacé, la logique change d&#039;échelle. La &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;, formée à la fin du Paléozoïque, ne reste pas un supercontinent stable. Elle commence à se fracturer sous l&#039;effet de grands systèmes de rifts, qui ouvrent de nouveaux océans tout en modifiant la circulation océanique, le climat et les marges continentales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux dynamiques se produisent en parallèle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre ;&lt;br /&gt;
* à l&#039;est, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; commence à se refermer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est donc pas une simple succession d&#039;océans qui s&#039;ouvrent puis se ferment au même endroit. C&#039;est un système global : pendant qu&#039;un nouvel océan se crée par divergence, un autre entre en subduction ailleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Atlantique s&#039;ouvre ===&lt;br /&gt;
La Pangée, à peine assemblée, commence à se fragmenter. Au Jurassique, des rifts s&#039;installent entre l&#039;Amérique du Nord, l&#039;Europe et l&#039;Afrique. Ces fractures continentales évoluent progressivement en un nouvel océan : l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique central&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, l&#039;ouverture sépare l&#039;Amérique du Nord de l&#039;Afrique et de l&#039;Europe. Puis, au Crétacé, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique Sud&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre à son tour entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique. Les deux continents s&#039;éloignent progressivement, laissant place à une dorsale océanique active qui fabrique encore aujourd&#039;hui du plancher océanique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
L&#039;ouverture de l&#039;Atlantique se lit directement dans la géographie actuelle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la complémentarité des côtes entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique ;&lt;br /&gt;
* les marges passives de part et d&#039;autre de l&#039;Atlantique, comme celles du Brésil, de l&#039;Afrique de l&#039;Ouest, de l&#039;est des États-Unis et de l&#039;Europe occidentale ;&lt;br /&gt;
* les bassins sédimentaires formés lors du rifting, souvent riches en dépôts marins et en hydrocarbures ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;dorsale médio-atlantique&#039;&#039;&#039;, qui marque encore aujourd&#039;hui la zone de divergence entre les plaques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Atlantique ne résulte donc pas de la fermeture des océans téthysiens. Il représente l&#039;autre moitié du cycle tectonique : on crée de l&#039;océan à l&#039;ouest pendant qu&#039;on en détruit à l&#039;est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Téthys alpine, l&#039;océan des Alpes suisses ===&lt;br /&gt;
Au même moment se joue, entre l&#039;Europe et le promontoire africain qu&#039;est le bloc &#039;&#039;&#039;Adria&#039;&#039;&#039;, un épisode d&#039;échelle plus modeste mais capital pour nos régions : l&#039;ouverture de la &#039;&#039;&#039;Téthys alpine&#039;&#039;&#039;. Il ne s&#039;agit pas de la grande Néotéthys, mais d&#039;un chapelet de bassins océaniques étroits — l&#039;&#039;&#039;océan Piémontais-Ligure&#039;&#039;&#039;, puis l&#039;&#039;&#039;océan Valaisan&#039;&#039;&#039; — qui se forment au Jurassique, dans le prolongement de l&#039;ouverture de l&#039;Atlantique central. Ce sont précisément ces bras océaniques, et non la Néotéthys proprement dite, dont la fermeture au Cénozoïque édifiera les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;. Leurs vestiges s&#039;observent aujourd&#039;hui dans les nappes alpines sous forme d&#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039; — les « roches vertes » du Valais et des Grisons —, témoins de cet océan disparu. Nous aborderons ceci dans un autre article.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Néotéthys, de l&#039;apogée à la subduction ===&lt;br /&gt;
Pendant que l&#039;Atlantique s&#039;ouvre, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; atteint son extension maximale entre le Gondwana au sud et l&#039;Eurasie au nord. Elle sépare encore l&#039;Afrique, l&#039;Arabie, l&#039;Inde et d&#039;autres blocs méridionaux de la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir du Jurassique et surtout du Crétacé, cette dynamique s&#039;inverse progressivement. Le plancher océanique de la Néotéthys commence à entrer en &#039;&#039;&#039;subduction&#039;&#039;&#039; sous les marges nord, notamment sous les domaines eurasiens. Cette subduction consomme peu à peu l&#039;océan et prépare les grandes collisions du Cénozoïque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Les restes de la Néotéthys sont aujourd&#039;hui fragmentés et incorporés dans les grandes chaînes de collision :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, issues de la fermeture de branches occidentales de la Téthys ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039; et les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039; dans les Balkans et en Grèce ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et les zones de suture anatoliennes ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, lié à la collision entre l&#039;Arabie et l&#039;Eurasie ;&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, formé après la fermeture de la Néotéthys entre l&#039;Inde et l&#039;Asie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On y retrouve des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire des fragments d&#039;ancien plancher océanique, ainsi que des roches marines profondes, des arcs magmatiques et des zones de suture. Ces éléments sont les témoins de l&#039;ancien océan néotéthysien, aujourd&#039;hui presque entièrement disparu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== V. Cénozoïque : la fermeture finale ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-V-Cenozoique-Entete.png|thumb|center|600px|Chronologie du Phanérozoïque : le Cénozoïque (Paléogène, Néogène, Quaternaire), période de fermeture de la Néotéthys et des grandes collisions continentales.]]&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-V-Cenozoique-2.png|thumb|center|600px|Carte paléogéographique il y a 100 millions d&#039;années (Crétacé) : ouverture de l&#039;Atlantique sud, Inde en migration vers le nord et Néotéthys encore ouverte entre le Gondwana et l&#039;Eurasie. Source : d&#039;après C. R. Scotese, PALEOMAP Project.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cénozoïque, la dynamique amorcée au Mésozoïque arrive à son terme. La &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;, qui séparait encore plusieurs fragments issus du Gondwana de l&#039;Eurasie, se referme progressivement. Les derniers grands blocs méridionaux — &#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039; et &#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039; — convergent vers le nord et entrent en collision avec la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette fermeture ne produit pas une seule chaîne continue, mais un vaste ensemble de chaînes de collision, de plateaux élevés, de bassins résiduels et de sutures océaniques. C&#039;est la dernière grande étape du cycle téthysien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Inde, Arabie, Afrique ===&lt;br /&gt;
L&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; se détache du Gondwana puis traverse rapidement la Néotéthys vers le nord. Au début du Cénozoïque, elle entre en collision avec l&#039;Asie. Cette collision provoque la formation de l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le soulèvement du &#039;&#039;&#039;plateau du Tibet&#039;&#039;&#039;. Elle se poursuit encore aujourd&#039;hui, ce qui explique l&#039;altitude extrême de la région et sa forte activité sismique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; migre elle aussi vers le nord. Sa collision avec l&#039;Eurasie ferme les domaines marins néotéthysiens du Moyen-Orient et édifie les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, grande chaîne plissée qui traverse notamment l&#039;Iran et l&#039;Irak.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la convergence entre l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Europe&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; réduit les derniers bassins téthysiens occidentaux. Elle participe à la formation des &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Apennins&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, de l&#039;Atlas et de nombreuses chaînes méditerranéennes. La Méditerranée actuelle correspond à un domaine résiduel complexe, hérité de cette fermeture incomplète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Cette fermeture finale se lit encore directement dans les grands reliefs actuels :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Inde–Asie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Arabie–Eurasie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039; et les chaînes méditerranéennes, liées à la convergence Afrique–Europe ;&lt;br /&gt;
* les séismes actifs de l&#039;Himalaya, d&#039;Iran, de Turquie, de Grèce et d&#039;Italie, qui montrent que la convergence n&#039;est pas terminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Vestiges actuels ===&lt;br /&gt;
Les océans téthysiens n&#039;ont pas disparu sans traces. Une partie de leur héritage subsiste dans les mers et bassins actuels, notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Méditerranée&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Caspienne&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* certains bassins internes d&#039;Anatolie, d&#039;Iran et d&#039;Asie centrale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais les traces les plus directes se trouvent dans les chaînes de collision. On y observe des &#039;&#039;&#039;sutures&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire les zones où les anciens océans se sont refermés, ainsi que des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, fragments d&#039;ancien plancher océanique aujourd&#039;hui portés en altitude.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces vestiges sont visibles dans les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Oman&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;. Ils montrent qu&#039;un océan entier peut disparaître par subduction, tout en laissant derrière lui des fragments de croûte océanique, des roches marines profondes et de grandes zones de collision.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
L&#039;histoire n&#039;est pas une succession simple où un océan disparaît avant que le suivant n&#039;apparaisse. Le Proto-Téthys, le Rhéique et la Paléotéthys ont partiellement coexisté, et leur évolution dépend du déplacement de blocs continentaux issus du Gondwana.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
* Ruban, Dmitry &amp;amp; Al-Husseini, Moujahed &amp;amp; Iwasaki, Yumiko. (2007). &#039;&#039;Review of Middle East Paleozoic Plate tectonics.&#039;&#039; GeoArabia 12, 35–56. {{doi|10.2113/geoarabia120335}}&lt;br /&gt;
* Stampfli, G. M. &amp;amp; Borel, G. D. (2002). &#039;&#039;A plate tectonic model for the Paleozoic and Mesozoic constrained by dynamic plate boundaries and restored synthetic oceanic isochrons.&#039;&#039; Earth and Planetary Science Letters, 196(1–2), 17–33. [https://doi.org/10.1016/S0012-821X(01)00588-X doi:10.1016/S0012-821X(01)00588-X]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Géologie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Tectonique des plaques]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Paléogéographie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.nblotti.org/index.php?title=Histoire_chronologique_des_grands_oc%C3%A9ans_du_Phan%C3%A9rozo%C3%AFque&amp;diff=29</id>
		<title>Histoire chronologique des grands océans du Phanérozoïque</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.nblotti.org/index.php?title=Histoire_chronologique_des_grands_oc%C3%A9ans_du_Phan%C3%A9rozo%C3%AFque&amp;diff=29"/>
		<updated>2026-06-16T16:40:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: Add nine missing decorative/section images from Notion (14 figures total)&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;tectonique des plaques&#039;&#039;&#039; transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tectonique des plaques transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les Alpes suisses, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une scène de départ : l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) ==&lt;br /&gt;
Pour situer les acteurs, partons d&#039;un instantané du Paléozoïque inférieur. Les continents sont alors dispersés autour du super-océan Panthalassa. Laurentia, Baltica et Avalonia ne sont pas encore réunies : entre elles se referme l&#039;océan Iapetus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Ordovicien-450Ma-Scotese.png|thumb|center|600px|Carte paléogéographique de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) : Laurentia, Baltica, Avalonia, Siberia et Gondwana ; océans Iapetus, Rhéique et Proto-Téthys. Source : Encyclopædia Britannica, Inc. ; d&#039;après C. R. Scotese, PALEOMAP Project.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039; donnera le cœur de l&#039;Amérique du Nord (avec le Groenland et l&#039;Écosse).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039; celui de l&#039;Europe du Nord (Scandinavie, pays baltes, plaine russe).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039;, plus petite, se retrouvera éclatée de part et d&#039;autre de l&#039;actuel Atlantique — Angleterre, pays de Galles et sud de l&#039;Irlande d&#039;un côté ; façade atlantique du Canada et de la Nouvelle-Angleterre de l&#039;autre.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039;, immense continent austral, donnera une grande partie des continents actuels de l&#039;hémisphère sud : l&#039;Afrique, l&#039;Amérique du Sud, l&#039;Antarctique, l&#039;Australie, l&#039;Inde et Madagascar, ainsi que l&#039;Arabie. Sa marge nord fournira aussi plusieurs fragments continentaux qui joueront un rôle majeur dans l&#039;histoire géologique de l&#039;Europe, notamment certains éléments impliqués plus tard dans les chaînes varisques puis alpines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sud, l&#039;océan Rhéique, ouvert dès l&#039;Ordovicien inférieur, continue de s&#039;élargir ; à l&#039;est s&#039;étend déjà le Proto-Téthys, océan plus ancien occupant les domaines situés encore plus au nord-est. La Paléotéthys, elle, ne s&#039;ouvrira que plus tard, au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vivant, le contraste entre les océans et les continents est très marqué. Les mers sont déjà riches en biodiversité : trilobites, brachiopodes, graptolites, premiers céphalopodes, coraux et crinoïdes se développent au cours de la grande diversification ordovicienne. Les premiers poissons, encore sans mâchoires, sont également présents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les continents, en revanche, restent presque entièrement nus. La vie y est très limitée : seules de petites plantes primitives, proches des mousses et des hépatiques, commencent à coloniser les zones humides littorales. Aucun animal terrestre n&#039;est encore véritablement installé. Les plantes vasculaires, les premières forêts et une faune terrestre diversifiée apparaîtront plus tard, surtout au Silurien puis au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le fil de l&#039;article, période par période ==&lt;br /&gt;
Le même cycle revient sans cesse, en trois temps :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Quand deux plaques tectoniques s&#039;écartent, un océan s&#039;ouvre entre elles (rift).&lt;br /&gt;
* Quand elles se rapprochent, le plancher océanique replonge dans le manteau (subduction) et l&#039;océan se referme.&lt;br /&gt;
* Quand les continents finissent par entrer en contact, leur collision soulève des montagnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Cycle-de-Wilson.png|thumb|center|600px|Le cycle de Wilson en trois temps : ouverture par rift, fermeture par subduction, puis collision et soulèvement de montagnes. Figure des auteurs.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le long de la marge nord du Gondwana, ce cycle va se rejouer bloc après bloc : un fragment continental se détache et migre vers le nord ; derrière lui un nouvel océan s&#039;ouvre et devant lui l&#039;océan plus ancien se referme. Les blocs se suivent à la file, chacun décalé d&#039;une centaine de millions d&#039;années sur le précédent, si bien qu&#039;un océan naît toujours quelque part pendant qu&#039;un autre achève de mourir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du paléozoïque au cénozoïque, cinq tours de ce cycle suffisent à raconter toute l&#039;histoire : à chaque fois, un océan se ferme là où un bloc arrive pendant qu&#039;un autre s&#039;ouvre dans son sillage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Chronologie-Cinq-Cycles.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cambrien – Ordovicien – Silurien — la naissance de la Laurussia.&#039;&#039;&#039; Tout commence par un premier départ : Baltica (la future Europe du Nord) se détache du Gondwana et dérive vers Laurentia (le noyau de l&#039;Amérique du Nord). En s&#039;avançant, elle grignote l&#039;océan qui les sépare, l&#039;Iapetus. Un second bloc suit, Avalonia, qui quitte à son tour le Gondwana ; derrière lui s&#039;ouvre un océan neuf, le Rhéique, pendant que devant lui l&#039;Iapetus achève de se fermer. Quand les trois masses — Laurentia, Baltica, Avalonia — finissent par se percuter, l&#039;Iapetus disparaît et les chaînes calédoniennes se soulèvent : un premier grand continent est né, la Laurussia.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Dévonien – Carbonifère — la marche vers la Pangée.&#039;&#039;&#039; Le cycle recommence aussitôt. Un nouveau train de blocs, les terrains huniques, se détache de la marge nord du Gondwana et file vers le nord. Devant eux, le Rhéique se referme ; derrière eux s&#039;ouvre déjà l&#039;océan suivant, la Paléotéthys. Pièce après pièce, les continents se rassemblent en un seul : la Pangée.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Permien – Trias — le relais cimmérien.&#039;&#039;&#039; Même scénario, acteurs suivants : les blocs cimmériens se détachent du Gondwana et partent vers le nord. La Paléotéthys se referme devant eux tandis que, dans leur sillage, s&#039;ouvre la Néotéthys. Le tapis roulant tectonique ne s&#039;arrête jamais : un océan meurt à l&#039;avant, un autre naît à l&#039;arrière.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Jurassique – Crétacé — la Pangée se brise.&#039;&#039;&#039; Le supercontinent, trop vaste, se disloque. À l&#039;ouest s&#039;ouvre un océan tout neuf, l&#039;Atlantique. À l&#039;est, un dernier convoi de blocs gondwaniens — l&#039;Inde et l&#039;Arabie en tête — se met en route vers l&#039;Eurasie : le plancher de la Néotéthys s&#039;enfonce sous sa marge nord (subduction), et l&#039;océan commence à se refermer.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cénozoïque (≈ 66–0 Ma) — la fermeture finale.&#039;&#039;&#039; Les blocs en marche arrivent au but et percutent l&#039;Eurasie : l&#039;Inde soulève l&#039;Himalaya, l&#039;Arabie les Zagros, l&#039;Afrique les Alpes. La Néotéthys, écrasée entre eux, n&#039;est plus qu&#039;un souvenir — il n&#039;en reste qu&#039;une flaque, la Méditerranée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== I. Cambrien – Ordovicien – Silurien : l&#039;assemblage de la Laurussia ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-I-Laurussia-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Ordovicien-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Paléogéographie de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) : Panthalassa, Iapetus en fermeture, Rhéique en expansion, Proto-Téthys. Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant le Cambrien et l&#039;Ordovicien, plusieurs blocs continentaux sont encore séparés par l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Iapetus&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. Au nord-ouest se trouve &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039;, qui correspond à l&#039;Amérique du Nord actuelle, au Groenland et à une partie de l&#039;Écosse. À l&#039;est se trouve &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039;, futur noyau de l&#039;Europe du Nord. Plus au sud, &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039; se détache progressivement de la marge nord du Gondwana et dérive vers le nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de l&#039;Ordovicien supérieur et surtout au Silurien, l&#039;océan Iapetus se referme. La convergence rapproche Laurentia, Baltica et Avalonia, jusqu&#039;à leur collision. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse calédonienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, une grande phase de formation de montagnes. Elle soude ces blocs en un nouveau continent : &#039;&#039;&#039;la Laurussia&#039;&#039;&#039;, aussi appelée Euramerica ou continent des Vieux Grès Rouges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
L&#039;orogenèse calédonienne a laissé des traces majeures autour de l&#039;Atlantique Nord actuel. Ses racines, aujourd&#039;hui très érodées, affleurent notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Highlands d&#039;Écosse&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Irlande&#039;&#039;&#039; et au nord de l&#039;Angleterre ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Norvège&#039;&#039;&#039; et en Suède occidentale ;&lt;br /&gt;
* au &#039;&#039;&#039;Groenland oriental&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Appalaches du nord&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== II. Dévonien – Carbonifère : la marche vers la Pangée ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-II-Pangee-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Pangee-Carbonifere-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Assemblage de la Pangée au Carbonifère : collision Gondwana–Laurussia, à l&#039;origine des orogenèses varisque (Europe) et alléghanienne (Amérique du Nord). Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Dévonien, la Laurussia est déjà assemblée au nord. Plus au sud, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Rhéique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; sépare encore ce continent des marges du Gondwana. Entre les deux se déplacent des fragments continentaux issus de la marge nord du Gondwana : les &#039;&#039;&#039;terrains huniques européens&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces terrains migrent vers le nord. Leur déplacement a deux conséquences opposées. Devant eux, l&#039;espace rhéique se réduit progressivement par subduction. Derrière eux, leur détachement ouvre et agrandit la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039;. Les terrains huniques européens forment donc une zone mobile entre Gondwana et Laurussia : ils participent à la fermeture du Rhéique tout en accompagnant l&#039;ouverture de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Carbonifère, la convergence s&#039;intensifie. L&#039;océan Rhéique disparaît, puis le Gondwana entre en collision avec la Laurussia. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse varisque&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Europe et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse alléghanienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord. C&#039;est une étape décisive dans l&#039;assemblage de la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les terrains huniques européens sont aujourd&#039;hui incorporés dans les massifs anciens d&#039;Europe occidentale et centrale. On en retrouve les traces dans :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif armoricain&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif central&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Vosges&#039;&#039;&#039; et la &#039;&#039;&#039;Forêt-Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif bohémien&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le nord-ouest de la &#039;&#039;&#039;péninsule Ibérique&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces régions contiennent des socles d&#039;origine gondwanienne, des séries sédimentaires paléozoïques, des granites et des roches métamorphiques formés pendant la dérive, la subduction puis la collision. Elles témoignent du trajet des terrains huniques européens : détachement du Gondwana, migration vers le nord, puis intégration dans la chaîne varisque lors de la construction de la Pangée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== III. Permien – Trias : le relais cimmérien ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-III-Cimmeriens-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Cimmeriens-Trias-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Collision des blocs cimmériens contre la marge sud de l&#039;Eurasie au Trias, achevant la fermeture de la Paléotéthys. Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Permien, la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039; est presque assemblée. La fermeture du Rhéique est achevée ou en voie de l&#039;être, et la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; occupe encore un vaste domaine océanique au sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est alors qu&#039;un nouveau chapelet de fragments continentaux se détache de la marge nord du &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039; : les &#039;&#039;&#039;blocs cimmériens&#039;&#039;&#039;. Ils comprennent plusieurs domaines qui formeront plus tard une partie de l&#039;architecture géologique de l&#039;Asie méridionale et du Moyen-Orient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces blocs migrent vers le nord. Le même mécanisme que pour les terrains huniques se répète :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;devant eux&#039;&#039;&#039;, la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; se referme par subduction ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;derrière eux&#039;&#039;&#039;, leur détachement ouvre un nouvel océan : la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Trias, les blocs cimmériens atteignent la marge sud de l&#039;Eurasie. Leur collision achève la fermeture de la Paléotéthys et forme une série de sutures et de chaînes anciennes, souvent ensuite reprises par les collisions alpines et himalayennes plus récentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les blocs cimmériens ne correspondent pas à un seul continent compact, mais à une série de fragments dispersés. Leurs traces se retrouvent aujourd&#039;hui dans plusieurs régions situées entre l&#039;Europe orientale, le Moyen-Orient et l&#039;Asie :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et Anatolie ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Iran&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Afghanistan&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Asie du Sud-Est&#039;&#039;&#039;, notamment autour de la Thaïlande, de la Malaisie, du Myanmar et de l&#039;Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On les reconnaît par des socles continentaux anciens, des séries sédimentaires déposées en bordure du Gondwana, des ophiolites issues d&#039;anciens planchers océaniques, et des zones de suture marquant la disparition de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces fragments témoignent d&#039;un nouveau relais océanique : après la Paléotéthys, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; devient le grand océan séparant le Gondwana de l&#039;Eurasie. C&#039;est dans ce cadre que se préparent les grandes collisions du Mésozoïque et du Cénozoïque, notamment celles qui formeront plus tard les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== IV. Jurassique – Crétacé : la Pangée se brise ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-IV-Pangee-Brise-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-IV-Pangee-Brise-2.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Jurassique et au Crétacé, la logique change d&#039;échelle. La &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;, formée à la fin du Paléozoïque, ne reste pas un supercontinent stable. Elle commence à se fracturer sous l&#039;effet de grands systèmes de rifts, qui ouvrent de nouveaux océans tout en modifiant la circulation océanique, le climat et les marges continentales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux dynamiques se produisent en parallèle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre ;&lt;br /&gt;
* à l&#039;est, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; commence à se refermer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est donc pas une simple succession d&#039;océans qui s&#039;ouvrent puis se ferment au même endroit. C&#039;est un système global : pendant qu&#039;un nouvel océan se crée par divergence, un autre entre en subduction ailleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Atlantique s&#039;ouvre ===&lt;br /&gt;
La Pangée, à peine assemblée, commence à se fragmenter. Au Jurassique, des rifts s&#039;installent entre l&#039;Amérique du Nord, l&#039;Europe et l&#039;Afrique. Ces fractures continentales évoluent progressivement en un nouvel océan : l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique central&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, l&#039;ouverture sépare l&#039;Amérique du Nord de l&#039;Afrique et de l&#039;Europe. Puis, au Crétacé, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique Sud&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre à son tour entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique. Les deux continents s&#039;éloignent progressivement, laissant place à une dorsale océanique active qui fabrique encore aujourd&#039;hui du plancher océanique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
L&#039;ouverture de l&#039;Atlantique se lit directement dans la géographie actuelle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la complémentarité des côtes entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique ;&lt;br /&gt;
* les marges passives de part et d&#039;autre de l&#039;Atlantique, comme celles du Brésil, de l&#039;Afrique de l&#039;Ouest, de l&#039;est des États-Unis et de l&#039;Europe occidentale ;&lt;br /&gt;
* les bassins sédimentaires formés lors du rifting, souvent riches en dépôts marins et en hydrocarbures ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;dorsale médio-atlantique&#039;&#039;&#039;, qui marque encore aujourd&#039;hui la zone de divergence entre les plaques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Atlantique ne résulte donc pas de la fermeture des océans téthysiens. Il représente l&#039;autre moitié du cycle tectonique : on crée de l&#039;océan à l&#039;ouest pendant qu&#039;on en détruit à l&#039;est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Téthys alpine, l&#039;océan des Alpes suisses ===&lt;br /&gt;
Au même moment se joue, entre l&#039;Europe et le promontoire africain qu&#039;est le bloc &#039;&#039;&#039;Adria&#039;&#039;&#039;, un épisode d&#039;échelle plus modeste mais capital pour nos régions : l&#039;ouverture de la &#039;&#039;&#039;Téthys alpine&#039;&#039;&#039;. Il ne s&#039;agit pas de la grande Néotéthys, mais d&#039;un chapelet de bassins océaniques étroits — l&#039;&#039;&#039;océan Piémontais-Ligure&#039;&#039;&#039;, puis l&#039;&#039;&#039;océan Valaisan&#039;&#039;&#039; — qui se forment au Jurassique, dans le prolongement de l&#039;ouverture de l&#039;Atlantique central. Ce sont précisément ces bras océaniques, et non la Néotéthys proprement dite, dont la fermeture au Cénozoïque édifiera les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;. Leurs vestiges s&#039;observent aujourd&#039;hui dans les nappes alpines sous forme d&#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039; — les « roches vertes » du Valais et des Grisons —, témoins de cet océan disparu. Nous aborderons ceci dans un autre article.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Néotéthys, de l&#039;apogée à la subduction ===&lt;br /&gt;
Pendant que l&#039;Atlantique s&#039;ouvre, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; atteint son extension maximale entre le Gondwana au sud et l&#039;Eurasie au nord. Elle sépare encore l&#039;Afrique, l&#039;Arabie, l&#039;Inde et d&#039;autres blocs méridionaux de la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir du Jurassique et surtout du Crétacé, cette dynamique s&#039;inverse progressivement. Le plancher océanique de la Néotéthys commence à entrer en &#039;&#039;&#039;subduction&#039;&#039;&#039; sous les marges nord, notamment sous les domaines eurasiens. Cette subduction consomme peu à peu l&#039;océan et prépare les grandes collisions du Cénozoïque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Les restes de la Néotéthys sont aujourd&#039;hui fragmentés et incorporés dans les grandes chaînes de collision :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, issues de la fermeture de branches occidentales de la Téthys ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039; et les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039; dans les Balkans et en Grèce ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et les zones de suture anatoliennes ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, lié à la collision entre l&#039;Arabie et l&#039;Eurasie ;&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, formé après la fermeture de la Néotéthys entre l&#039;Inde et l&#039;Asie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On y retrouve des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire des fragments d&#039;ancien plancher océanique, ainsi que des roches marines profondes, des arcs magmatiques et des zones de suture. Ces éléments sont les témoins de l&#039;ancien océan néotéthysien, aujourd&#039;hui presque entièrement disparu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== V. Cénozoïque : la fermeture finale ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-V-Cenozoique-Entete.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-V-Cenozoique-2.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cénozoïque, la dynamique amorcée au Mésozoïque arrive à son terme. La &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;, qui séparait encore plusieurs fragments issus du Gondwana de l&#039;Eurasie, se referme progressivement. Les derniers grands blocs méridionaux — &#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039; et &#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039; — convergent vers le nord et entrent en collision avec la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette fermeture ne produit pas une seule chaîne continue, mais un vaste ensemble de chaînes de collision, de plateaux élevés, de bassins résiduels et de sutures océaniques. C&#039;est la dernière grande étape du cycle téthysien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Inde, Arabie, Afrique ===&lt;br /&gt;
L&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; se détache du Gondwana puis traverse rapidement la Néotéthys vers le nord. Au début du Cénozoïque, elle entre en collision avec l&#039;Asie. Cette collision provoque la formation de l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le soulèvement du &#039;&#039;&#039;plateau du Tibet&#039;&#039;&#039;. Elle se poursuit encore aujourd&#039;hui, ce qui explique l&#039;altitude extrême de la région et sa forte activité sismique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; migre elle aussi vers le nord. Sa collision avec l&#039;Eurasie ferme les domaines marins néotéthysiens du Moyen-Orient et édifie les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, grande chaîne plissée qui traverse notamment l&#039;Iran et l&#039;Irak.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la convergence entre l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Europe&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; réduit les derniers bassins téthysiens occidentaux. Elle participe à la formation des &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Apennins&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, de l&#039;Atlas et de nombreuses chaînes méditerranéennes. La Méditerranée actuelle correspond à un domaine résiduel complexe, hérité de cette fermeture incomplète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Cette fermeture finale se lit encore directement dans les grands reliefs actuels :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Inde–Asie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Arabie–Eurasie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039; et les chaînes méditerranéennes, liées à la convergence Afrique–Europe ;&lt;br /&gt;
* les séismes actifs de l&#039;Himalaya, d&#039;Iran, de Turquie, de Grèce et d&#039;Italie, qui montrent que la convergence n&#039;est pas terminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Vestiges actuels ===&lt;br /&gt;
Les océans téthysiens n&#039;ont pas disparu sans traces. Une partie de leur héritage subsiste dans les mers et bassins actuels, notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Méditerranée&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Caspienne&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* certains bassins internes d&#039;Anatolie, d&#039;Iran et d&#039;Asie centrale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais les traces les plus directes se trouvent dans les chaînes de collision. On y observe des &#039;&#039;&#039;sutures&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire les zones où les anciens océans se sont refermés, ainsi que des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, fragments d&#039;ancien plancher océanique aujourd&#039;hui portés en altitude.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces vestiges sont visibles dans les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Oman&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;. Ils montrent qu&#039;un océan entier peut disparaître par subduction, tout en laissant derrière lui des fragments de croûte océanique, des roches marines profondes et de grandes zones de collision.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
L&#039;histoire n&#039;est pas une succession simple où un océan disparaît avant que le suivant n&#039;apparaisse. Le Proto-Téthys, le Rhéique et la Paléotéthys ont partiellement coexisté, et leur évolution dépend du déplacement de blocs continentaux issus du Gondwana.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Conclusion-Synthese.png|center|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
* Ruban, Dmitry &amp;amp; Al-Husseini, Moujahed &amp;amp; Iwasaki, Yumiko. (2007). &#039;&#039;Review of Middle East Paleozoic Plate tectonics.&#039;&#039; GeoArabia 12, 35–56. {{doi|10.2113/geoarabia120335}}&lt;br /&gt;
* Stampfli, G. M. &amp;amp; Borel, G. D. (2002). &#039;&#039;A plate tectonic model for the Paleozoic and Mesozoic constrained by dynamic plate boundaries and restored synthetic oceanic isochrons.&#039;&#039; Earth and Planetary Science Letters, 196(1–2), 17–33. [https://doi.org/10.1016/S0012-821X(01)00588-X doi:10.1016/S0012-821X(01)00588-X]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Géologie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Tectonique des plaques]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Paléogéographie]]&lt;/div&gt;</summary>
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		<title>Histoire chronologique des grands océans du Phanérozoïque</title>
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		<updated>2026-06-16T16:28:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: Force parser cache refresh for embedded figures&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;tectonique des plaques&#039;&#039;&#039; transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tectonique des plaques transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les Alpes suisses, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une scène de départ : l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) ==&lt;br /&gt;
Pour situer les acteurs, partons d&#039;un instantané du Paléozoïque inférieur. Les continents sont alors dispersés autour du super-océan Panthalassa. Laurentia, Baltica et Avalonia ne sont pas encore réunies : entre elles se referme l&#039;océan Iapetus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Ordovicien-450Ma-Scotese.png|thumb|center|600px|Carte paléogéographique de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) : Laurentia, Baltica, Avalonia, Siberia et Gondwana ; océans Iapetus, Rhéique et Proto-Téthys. Source : Encyclopædia Britannica, Inc. ; d&#039;après C. R. Scotese, PALEOMAP Project.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039; donnera le cœur de l&#039;Amérique du Nord (avec le Groenland et l&#039;Écosse).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039; celui de l&#039;Europe du Nord (Scandinavie, pays baltes, plaine russe).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039;, plus petite, se retrouvera éclatée de part et d&#039;autre de l&#039;actuel Atlantique — Angleterre, pays de Galles et sud de l&#039;Irlande d&#039;un côté ; façade atlantique du Canada et de la Nouvelle-Angleterre de l&#039;autre.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039;, immense continent austral, donnera une grande partie des continents actuels de l&#039;hémisphère sud : l&#039;Afrique, l&#039;Amérique du Sud, l&#039;Antarctique, l&#039;Australie, l&#039;Inde et Madagascar, ainsi que l&#039;Arabie. Sa marge nord fournira aussi plusieurs fragments continentaux qui joueront un rôle majeur dans l&#039;histoire géologique de l&#039;Europe, notamment certains éléments impliqués plus tard dans les chaînes varisques puis alpines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sud, l&#039;océan Rhéique, ouvert dès l&#039;Ordovicien inférieur, continue de s&#039;élargir ; à l&#039;est s&#039;étend déjà le Proto-Téthys, océan plus ancien occupant les domaines situés encore plus au nord-est. La Paléotéthys, elle, ne s&#039;ouvrira que plus tard, au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vivant, le contraste entre les océans et les continents est très marqué. Les mers sont déjà riches en biodiversité : trilobites, brachiopodes, graptolites, premiers céphalopodes, coraux et crinoïdes se développent au cours de la grande diversification ordovicienne. Les premiers poissons, encore sans mâchoires, sont également présents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les continents, en revanche, restent presque entièrement nus. La vie y est très limitée : seules de petites plantes primitives, proches des mousses et des hépatiques, commencent à coloniser les zones humides littorales. Aucun animal terrestre n&#039;est encore véritablement installé. Les plantes vasculaires, les premières forêts et une faune terrestre diversifiée apparaîtront plus tard, surtout au Silurien puis au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le fil de l&#039;article, période par période ==&lt;br /&gt;
Le même cycle revient sans cesse, en trois temps :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Quand deux plaques tectoniques s&#039;écartent, un océan s&#039;ouvre entre elles (rift).&lt;br /&gt;
* Quand elles se rapprochent, le plancher océanique replonge dans le manteau (subduction) et l&#039;océan se referme.&lt;br /&gt;
* Quand les continents finissent par entrer en contact, leur collision soulève des montagnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Cycle-de-Wilson.png|thumb|center|600px|Le cycle de Wilson en trois temps : ouverture par rift, fermeture par subduction, puis collision et soulèvement de montagnes. Figure des auteurs.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le long de la marge nord du Gondwana, ce cycle va se rejouer bloc après bloc : un fragment continental se détache et migre vers le nord ; derrière lui un nouvel océan s&#039;ouvre et devant lui l&#039;océan plus ancien se referme. Les blocs se suivent à la file, chacun décalé d&#039;une centaine de millions d&#039;années sur le précédent, si bien qu&#039;un océan naît toujours quelque part pendant qu&#039;un autre achève de mourir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du paléozoïque au cénozoïque, cinq tours de ce cycle suffisent à raconter toute l&#039;histoire : à chaque fois, un océan se ferme là où un bloc arrive pendant qu&#039;un autre s&#039;ouvre dans son sillage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cambrien – Ordovicien – Silurien — la naissance de la Laurussia.&#039;&#039;&#039; Tout commence par un premier départ : Baltica (la future Europe du Nord) se détache du Gondwana et dérive vers Laurentia (le noyau de l&#039;Amérique du Nord). En s&#039;avançant, elle grignote l&#039;océan qui les sépare, l&#039;Iapetus. Un second bloc suit, Avalonia, qui quitte à son tour le Gondwana ; derrière lui s&#039;ouvre un océan neuf, le Rhéique, pendant que devant lui l&#039;Iapetus achève de se fermer. Quand les trois masses — Laurentia, Baltica, Avalonia — finissent par se percuter, l&#039;Iapetus disparaît et les chaînes calédoniennes se soulèvent : un premier grand continent est né, la Laurussia.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Dévonien – Carbonifère — la marche vers la Pangée.&#039;&#039;&#039; Le cycle recommence aussitôt. Un nouveau train de blocs, les terrains huniques, se détache de la marge nord du Gondwana et file vers le nord. Devant eux, le Rhéique se referme ; derrière eux s&#039;ouvre déjà l&#039;océan suivant, la Paléotéthys. Pièce après pièce, les continents se rassemblent en un seul : la Pangée.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Permien – Trias — le relais cimmérien.&#039;&#039;&#039; Même scénario, acteurs suivants : les blocs cimmériens se détachent du Gondwana et partent vers le nord. La Paléotéthys se referme devant eux tandis que, dans leur sillage, s&#039;ouvre la Néotéthys. Le tapis roulant tectonique ne s&#039;arrête jamais : un océan meurt à l&#039;avant, un autre naît à l&#039;arrière.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Jurassique – Crétacé — la Pangée se brise.&#039;&#039;&#039; Le supercontinent, trop vaste, se disloque. À l&#039;ouest s&#039;ouvre un océan tout neuf, l&#039;Atlantique. À l&#039;est, un dernier convoi de blocs gondwaniens — l&#039;Inde et l&#039;Arabie en tête — se met en route vers l&#039;Eurasie : le plancher de la Néotéthys s&#039;enfonce sous sa marge nord (subduction), et l&#039;océan commence à se refermer.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cénozoïque (≈ 66–0 Ma) — la fermeture finale.&#039;&#039;&#039; Les blocs en marche arrivent au but et percutent l&#039;Eurasie : l&#039;Inde soulève l&#039;Himalaya, l&#039;Arabie les Zagros, l&#039;Afrique les Alpes. La Néotéthys, écrasée entre eux, n&#039;est plus qu&#039;un souvenir — il n&#039;en reste qu&#039;une flaque, la Méditerranée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== I. Cambrien – Ordovicien – Silurien : l&#039;assemblage de la Laurussia ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Ordovicien-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Paléogéographie de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) : Panthalassa, Iapetus en fermeture, Rhéique en expansion, Proto-Téthys. Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant le Cambrien et l&#039;Ordovicien, plusieurs blocs continentaux sont encore séparés par l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Iapetus&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. Au nord-ouest se trouve &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039;, qui correspond à l&#039;Amérique du Nord actuelle, au Groenland et à une partie de l&#039;Écosse. À l&#039;est se trouve &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039;, futur noyau de l&#039;Europe du Nord. Plus au sud, &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039; se détache progressivement de la marge nord du Gondwana et dérive vers le nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de l&#039;Ordovicien supérieur et surtout au Silurien, l&#039;océan Iapetus se referme. La convergence rapproche Laurentia, Baltica et Avalonia, jusqu&#039;à leur collision. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse calédonienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, une grande phase de formation de montagnes. Elle soude ces blocs en un nouveau continent : &#039;&#039;&#039;la Laurussia&#039;&#039;&#039;, aussi appelée Euramerica ou continent des Vieux Grès Rouges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
L&#039;orogenèse calédonienne a laissé des traces majeures autour de l&#039;Atlantique Nord actuel. Ses racines, aujourd&#039;hui très érodées, affleurent notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Highlands d&#039;Écosse&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Irlande&#039;&#039;&#039; et au nord de l&#039;Angleterre ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Norvège&#039;&#039;&#039; et en Suède occidentale ;&lt;br /&gt;
* au &#039;&#039;&#039;Groenland oriental&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Appalaches du nord&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== II. Dévonien – Carbonifère : la marche vers la Pangée ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Pangee-Carbonifere-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Assemblage de la Pangée au Carbonifère : collision Gondwana–Laurussia, à l&#039;origine des orogenèses varisque (Europe) et alléghanienne (Amérique du Nord). Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Dévonien, la Laurussia est déjà assemblée au nord. Plus au sud, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Rhéique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; sépare encore ce continent des marges du Gondwana. Entre les deux se déplacent des fragments continentaux issus de la marge nord du Gondwana : les &#039;&#039;&#039;terrains huniques européens&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces terrains migrent vers le nord. Leur déplacement a deux conséquences opposées. Devant eux, l&#039;espace rhéique se réduit progressivement par subduction. Derrière eux, leur détachement ouvre et agrandit la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039;. Les terrains huniques européens forment donc une zone mobile entre Gondwana et Laurussia : ils participent à la fermeture du Rhéique tout en accompagnant l&#039;ouverture de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Carbonifère, la convergence s&#039;intensifie. L&#039;océan Rhéique disparaît, puis le Gondwana entre en collision avec la Laurussia. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse varisque&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Europe et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse alléghanienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord. C&#039;est une étape décisive dans l&#039;assemblage de la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les terrains huniques européens sont aujourd&#039;hui incorporés dans les massifs anciens d&#039;Europe occidentale et centrale. On en retrouve les traces dans :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif armoricain&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif central&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Vosges&#039;&#039;&#039; et la &#039;&#039;&#039;Forêt-Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif bohémien&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le nord-ouest de la &#039;&#039;&#039;péninsule Ibérique&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces régions contiennent des socles d&#039;origine gondwanienne, des séries sédimentaires paléozoïques, des granites et des roches métamorphiques formés pendant la dérive, la subduction puis la collision. Elles témoignent du trajet des terrains huniques européens : détachement du Gondwana, migration vers le nord, puis intégration dans la chaîne varisque lors de la construction de la Pangée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== III. Permien – Trias : le relais cimmérien ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Cimmeriens-Trias-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Collision des blocs cimmériens contre la marge sud de l&#039;Eurasie au Trias, achevant la fermeture de la Paléotéthys. Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Permien, la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039; est presque assemblée. La fermeture du Rhéique est achevée ou en voie de l&#039;être, et la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; occupe encore un vaste domaine océanique au sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est alors qu&#039;un nouveau chapelet de fragments continentaux se détache de la marge nord du &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039; : les &#039;&#039;&#039;blocs cimmériens&#039;&#039;&#039;. Ils comprennent plusieurs domaines qui formeront plus tard une partie de l&#039;architecture géologique de l&#039;Asie méridionale et du Moyen-Orient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces blocs migrent vers le nord. Le même mécanisme que pour les terrains huniques se répète :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;devant eux&#039;&#039;&#039;, la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; se referme par subduction ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;derrière eux&#039;&#039;&#039;, leur détachement ouvre un nouvel océan : la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Trias, les blocs cimmériens atteignent la marge sud de l&#039;Eurasie. Leur collision achève la fermeture de la Paléotéthys et forme une série de sutures et de chaînes anciennes, souvent ensuite reprises par les collisions alpines et himalayennes plus récentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les blocs cimmériens ne correspondent pas à un seul continent compact, mais à une série de fragments dispersés. Leurs traces se retrouvent aujourd&#039;hui dans plusieurs régions situées entre l&#039;Europe orientale, le Moyen-Orient et l&#039;Asie :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et Anatolie ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Iran&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Afghanistan&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Asie du Sud-Est&#039;&#039;&#039;, notamment autour de la Thaïlande, de la Malaisie, du Myanmar et de l&#039;Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On les reconnaît par des socles continentaux anciens, des séries sédimentaires déposées en bordure du Gondwana, des ophiolites issues d&#039;anciens planchers océaniques, et des zones de suture marquant la disparition de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces fragments témoignent d&#039;un nouveau relais océanique : après la Paléotéthys, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; devient le grand océan séparant le Gondwana de l&#039;Eurasie. C&#039;est dans ce cadre que se préparent les grandes collisions du Mésozoïque et du Cénozoïque, notamment celles qui formeront plus tard les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== IV. Jurassique – Crétacé : la Pangée se brise ==&lt;br /&gt;
Au Jurassique et au Crétacé, la logique change d&#039;échelle. La &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;, formée à la fin du Paléozoïque, ne reste pas un supercontinent stable. Elle commence à se fracturer sous l&#039;effet de grands systèmes de rifts, qui ouvrent de nouveaux océans tout en modifiant la circulation océanique, le climat et les marges continentales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux dynamiques se produisent en parallèle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre ;&lt;br /&gt;
* à l&#039;est, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; commence à se refermer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est donc pas une simple succession d&#039;océans qui s&#039;ouvrent puis se ferment au même endroit. C&#039;est un système global : pendant qu&#039;un nouvel océan se crée par divergence, un autre entre en subduction ailleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Atlantique s&#039;ouvre ===&lt;br /&gt;
La Pangée, à peine assemblée, commence à se fragmenter. Au Jurassique, des rifts s&#039;installent entre l&#039;Amérique du Nord, l&#039;Europe et l&#039;Afrique. Ces fractures continentales évoluent progressivement en un nouvel océan : l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique central&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, l&#039;ouverture sépare l&#039;Amérique du Nord de l&#039;Afrique et de l&#039;Europe. Puis, au Crétacé, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique Sud&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre à son tour entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique. Les deux continents s&#039;éloignent progressivement, laissant place à une dorsale océanique active qui fabrique encore aujourd&#039;hui du plancher océanique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
L&#039;ouverture de l&#039;Atlantique se lit directement dans la géographie actuelle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la complémentarité des côtes entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique ;&lt;br /&gt;
* les marges passives de part et d&#039;autre de l&#039;Atlantique, comme celles du Brésil, de l&#039;Afrique de l&#039;Ouest, de l&#039;est des États-Unis et de l&#039;Europe occidentale ;&lt;br /&gt;
* les bassins sédimentaires formés lors du rifting, souvent riches en dépôts marins et en hydrocarbures ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;dorsale médio-atlantique&#039;&#039;&#039;, qui marque encore aujourd&#039;hui la zone de divergence entre les plaques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Atlantique ne résulte donc pas de la fermeture des océans téthysiens. Il représente l&#039;autre moitié du cycle tectonique : on crée de l&#039;océan à l&#039;ouest pendant qu&#039;on en détruit à l&#039;est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Téthys alpine, l&#039;océan des Alpes suisses ===&lt;br /&gt;
Au même moment se joue, entre l&#039;Europe et le promontoire africain qu&#039;est le bloc &#039;&#039;&#039;Adria&#039;&#039;&#039;, un épisode d&#039;échelle plus modeste mais capital pour nos régions : l&#039;ouverture de la &#039;&#039;&#039;Téthys alpine&#039;&#039;&#039;. Il ne s&#039;agit pas de la grande Néotéthys, mais d&#039;un chapelet de bassins océaniques étroits — l&#039;&#039;&#039;océan Piémontais-Ligure&#039;&#039;&#039;, puis l&#039;&#039;&#039;océan Valaisan&#039;&#039;&#039; — qui se forment au Jurassique, dans le prolongement de l&#039;ouverture de l&#039;Atlantique central. Ce sont précisément ces bras océaniques, et non la Néotéthys proprement dite, dont la fermeture au Cénozoïque édifiera les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;. Leurs vestiges s&#039;observent aujourd&#039;hui dans les nappes alpines sous forme d&#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039; — les « roches vertes » du Valais et des Grisons —, témoins de cet océan disparu. Nous aborderons ceci dans un autre article.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Néotéthys, de l&#039;apogée à la subduction ===&lt;br /&gt;
Pendant que l&#039;Atlantique s&#039;ouvre, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; atteint son extension maximale entre le Gondwana au sud et l&#039;Eurasie au nord. Elle sépare encore l&#039;Afrique, l&#039;Arabie, l&#039;Inde et d&#039;autres blocs méridionaux de la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir du Jurassique et surtout du Crétacé, cette dynamique s&#039;inverse progressivement. Le plancher océanique de la Néotéthys commence à entrer en &#039;&#039;&#039;subduction&#039;&#039;&#039; sous les marges nord, notamment sous les domaines eurasiens. Cette subduction consomme peu à peu l&#039;océan et prépare les grandes collisions du Cénozoïque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Les restes de la Néotéthys sont aujourd&#039;hui fragmentés et incorporés dans les grandes chaînes de collision :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, issues de la fermeture de branches occidentales de la Téthys ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039; et les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039; dans les Balkans et en Grèce ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et les zones de suture anatoliennes ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, lié à la collision entre l&#039;Arabie et l&#039;Eurasie ;&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, formé après la fermeture de la Néotéthys entre l&#039;Inde et l&#039;Asie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On y retrouve des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire des fragments d&#039;ancien plancher océanique, ainsi que des roches marines profondes, des arcs magmatiques et des zones de suture. Ces éléments sont les témoins de l&#039;ancien océan néotéthysien, aujourd&#039;hui presque entièrement disparu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== V. Cénozoïque : la fermeture finale ==&lt;br /&gt;
Au Cénozoïque, la dynamique amorcée au Mésozoïque arrive à son terme. La &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;, qui séparait encore plusieurs fragments issus du Gondwana de l&#039;Eurasie, se referme progressivement. Les derniers grands blocs méridionaux — &#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039; et &#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039; — convergent vers le nord et entrent en collision avec la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette fermeture ne produit pas une seule chaîne continue, mais un vaste ensemble de chaînes de collision, de plateaux élevés, de bassins résiduels et de sutures océaniques. C&#039;est la dernière grande étape du cycle téthysien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Inde, Arabie, Afrique ===&lt;br /&gt;
L&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; se détache du Gondwana puis traverse rapidement la Néotéthys vers le nord. Au début du Cénozoïque, elle entre en collision avec l&#039;Asie. Cette collision provoque la formation de l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le soulèvement du &#039;&#039;&#039;plateau du Tibet&#039;&#039;&#039;. Elle se poursuit encore aujourd&#039;hui, ce qui explique l&#039;altitude extrême de la région et sa forte activité sismique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; migre elle aussi vers le nord. Sa collision avec l&#039;Eurasie ferme les domaines marins néotéthysiens du Moyen-Orient et édifie les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, grande chaîne plissée qui traverse notamment l&#039;Iran et l&#039;Irak.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la convergence entre l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Europe&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; réduit les derniers bassins téthysiens occidentaux. Elle participe à la formation des &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Apennins&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, de l&#039;Atlas et de nombreuses chaînes méditerranéennes. La Méditerranée actuelle correspond à un domaine résiduel complexe, hérité de cette fermeture incomplète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Cette fermeture finale se lit encore directement dans les grands reliefs actuels :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Inde–Asie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Arabie–Eurasie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039; et les chaînes méditerranéennes, liées à la convergence Afrique–Europe ;&lt;br /&gt;
* les séismes actifs de l&#039;Himalaya, d&#039;Iran, de Turquie, de Grèce et d&#039;Italie, qui montrent que la convergence n&#039;est pas terminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Vestiges actuels ===&lt;br /&gt;
Les océans téthysiens n&#039;ont pas disparu sans traces. Une partie de leur héritage subsiste dans les mers et bassins actuels, notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Méditerranée&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Caspienne&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* certains bassins internes d&#039;Anatolie, d&#039;Iran et d&#039;Asie centrale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais les traces les plus directes se trouvent dans les chaînes de collision. On y observe des &#039;&#039;&#039;sutures&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire les zones où les anciens océans se sont refermés, ainsi que des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, fragments d&#039;ancien plancher océanique aujourd&#039;hui portés en altitude.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces vestiges sont visibles dans les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Oman&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;. Ils montrent qu&#039;un océan entier peut disparaître par subduction, tout en laissant derrière lui des fragments de croûte océanique, des roches marines profondes et de grandes zones de collision.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
L&#039;histoire n&#039;est pas une succession simple où un océan disparaît avant que le suivant n&#039;apparaisse. Le Proto-Téthys, le Rhéique et la Paléotéthys ont partiellement coexisté, et leur évolution dépend du déplacement de blocs continentaux issus du Gondwana.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
* Ruban, Dmitry &amp;amp; Al-Husseini, Moujahed &amp;amp; Iwasaki, Yumiko. (2007). &#039;&#039;Review of Middle East Paleozoic Plate tectonics.&#039;&#039; GeoArabia 12, 35–56. {{doi|10.2113/geoarabia120335}}&lt;br /&gt;
* Stampfli, G. M. &amp;amp; Borel, G. D. (2002). &#039;&#039;A plate tectonic model for the Paleozoic and Mesozoic constrained by dynamic plate boundaries and restored synthetic oceanic isochrons.&#039;&#039; Earth and Planetary Science Letters, 196(1–2), 17–33. [https://doi.org/10.1016/S0012-821X(01)00588-X doi:10.1016/S0012-821X(01)00588-X]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Géologie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Tectonique des plaques]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Paléogéographie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.nblotti.org/index.php?title=Histoire_chronologique_des_grands_oc%C3%A9ans_du_Phan%C3%A9rozo%C3%AFque&amp;diff=18</id>
		<title>Histoire chronologique des grands océans du Phanérozoïque</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.nblotti.org/index.php?title=Histoire_chronologique_des_grands_oc%C3%A9ans_du_Phan%C3%A9rozo%C3%AFque&amp;diff=18"/>
		<updated>2026-06-16T16:22:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: Embed five Phanerozoique figures (replace italic placeholders with File tags)&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;tectonique des plaques&#039;&#039;&#039; transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
La tectonique des plaques transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les Alpes suisses, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une scène de départ : l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) ==&lt;br /&gt;
Pour situer les acteurs, partons d&#039;un instantané du Paléozoïque inférieur. Les continents sont alors dispersés autour du super-océan Panthalassa. Laurentia, Baltica et Avalonia ne sont pas encore réunies : entre elles se referme l&#039;océan Iapetus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Ordovicien-450Ma-Scotese.png|thumb|center|600px|Carte paléogéographique de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) : Laurentia, Baltica, Avalonia, Siberia et Gondwana ; océans Iapetus, Rhéique et Proto-Téthys. Source : Encyclopædia Britannica, Inc. ; d&#039;après C. R. Scotese, PALEOMAP Project.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039; donnera le cœur de l&#039;Amérique du Nord (avec le Groenland et l&#039;Écosse).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039; celui de l&#039;Europe du Nord (Scandinavie, pays baltes, plaine russe).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039;, plus petite, se retrouvera éclatée de part et d&#039;autre de l&#039;actuel Atlantique — Angleterre, pays de Galles et sud de l&#039;Irlande d&#039;un côté ; façade atlantique du Canada et de la Nouvelle-Angleterre de l&#039;autre.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039;, immense continent austral, donnera une grande partie des continents actuels de l&#039;hémisphère sud : l&#039;Afrique, l&#039;Amérique du Sud, l&#039;Antarctique, l&#039;Australie, l&#039;Inde et Madagascar, ainsi que l&#039;Arabie. Sa marge nord fournira aussi plusieurs fragments continentaux qui joueront un rôle majeur dans l&#039;histoire géologique de l&#039;Europe, notamment certains éléments impliqués plus tard dans les chaînes varisques puis alpines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sud, l&#039;océan Rhéique, ouvert dès l&#039;Ordovicien inférieur, continue de s&#039;élargir ; à l&#039;est s&#039;étend déjà le Proto-Téthys, océan plus ancien occupant les domaines situés encore plus au nord-est. La Paléotéthys, elle, ne s&#039;ouvrira que plus tard, au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vivant, le contraste entre les océans et les continents est très marqué. Les mers sont déjà riches en biodiversité : trilobites, brachiopodes, graptolites, premiers céphalopodes, coraux et crinoïdes se développent au cours de la grande diversification ordovicienne. Les premiers poissons, encore sans mâchoires, sont également présents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les continents, en revanche, restent presque entièrement nus. La vie y est très limitée : seules de petites plantes primitives, proches des mousses et des hépatiques, commencent à coloniser les zones humides littorales. Aucun animal terrestre n&#039;est encore véritablement installé. Les plantes vasculaires, les premières forêts et une faune terrestre diversifiée apparaîtront plus tard, surtout au Silurien puis au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le fil de l&#039;article, période par période ==&lt;br /&gt;
Le même cycle revient sans cesse, en trois temps :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Quand deux plaques tectoniques s&#039;écartent, un océan s&#039;ouvre entre elles (rift).&lt;br /&gt;
* Quand elles se rapprochent, le plancher océanique replonge dans le manteau (subduction) et l&#039;océan se referme.&lt;br /&gt;
* Quand les continents finissent par entrer en contact, leur collision soulève des montagnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Cycle-de-Wilson.png|thumb|center|600px|Le cycle de Wilson en trois temps : ouverture par rift, fermeture par subduction, puis collision et soulèvement de montagnes. Figure des auteurs.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le long de la marge nord du Gondwana, ce cycle va se rejouer bloc après bloc : un fragment continental se détache et migre vers le nord ; derrière lui un nouvel océan s&#039;ouvre et devant lui l&#039;océan plus ancien se referme. Les blocs se suivent à la file, chacun décalé d&#039;une centaine de millions d&#039;années sur le précédent, si bien qu&#039;un océan naît toujours quelque part pendant qu&#039;un autre achève de mourir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du paléozoïque au cénozoïque, cinq tours de ce cycle suffisent à raconter toute l&#039;histoire : à chaque fois, un océan se ferme là où un bloc arrive pendant qu&#039;un autre s&#039;ouvre dans son sillage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cambrien – Ordovicien – Silurien — la naissance de la Laurussia.&#039;&#039;&#039; Tout commence par un premier départ : Baltica (la future Europe du Nord) se détache du Gondwana et dérive vers Laurentia (le noyau de l&#039;Amérique du Nord). En s&#039;avançant, elle grignote l&#039;océan qui les sépare, l&#039;Iapetus. Un second bloc suit, Avalonia, qui quitte à son tour le Gondwana ; derrière lui s&#039;ouvre un océan neuf, le Rhéique, pendant que devant lui l&#039;Iapetus achève de se fermer. Quand les trois masses — Laurentia, Baltica, Avalonia — finissent par se percuter, l&#039;Iapetus disparaît et les chaînes calédoniennes se soulèvent : un premier grand continent est né, la Laurussia.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Dévonien – Carbonifère — la marche vers la Pangée.&#039;&#039;&#039; Le cycle recommence aussitôt. Un nouveau train de blocs, les terrains huniques, se détache de la marge nord du Gondwana et file vers le nord. Devant eux, le Rhéique se referme ; derrière eux s&#039;ouvre déjà l&#039;océan suivant, la Paléotéthys. Pièce après pièce, les continents se rassemblent en un seul : la Pangée.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Permien – Trias — le relais cimmérien.&#039;&#039;&#039; Même scénario, acteurs suivants : les blocs cimmériens se détachent du Gondwana et partent vers le nord. La Paléotéthys se referme devant eux tandis que, dans leur sillage, s&#039;ouvre la Néotéthys. Le tapis roulant tectonique ne s&#039;arrête jamais : un océan meurt à l&#039;avant, un autre naît à l&#039;arrière.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Jurassique – Crétacé — la Pangée se brise.&#039;&#039;&#039; Le supercontinent, trop vaste, se disloque. À l&#039;ouest s&#039;ouvre un océan tout neuf, l&#039;Atlantique. À l&#039;est, un dernier convoi de blocs gondwaniens — l&#039;Inde et l&#039;Arabie en tête — se met en route vers l&#039;Eurasie : le plancher de la Néotéthys s&#039;enfonce sous sa marge nord (subduction), et l&#039;océan commence à se refermer.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cénozoïque (≈ 66–0 Ma) — la fermeture finale.&#039;&#039;&#039; Les blocs en marche arrivent au but et percutent l&#039;Eurasie : l&#039;Inde soulève l&#039;Himalaya, l&#039;Arabie les Zagros, l&#039;Afrique les Alpes. La Néotéthys, écrasée entre eux, n&#039;est plus qu&#039;un souvenir — il n&#039;en reste qu&#039;une flaque, la Méditerranée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== I. Cambrien – Ordovicien – Silurien : l&#039;assemblage de la Laurussia ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Ordovicien-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Paléogéographie de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) : Panthalassa, Iapetus en fermeture, Rhéique en expansion, Proto-Téthys. Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant le Cambrien et l&#039;Ordovicien, plusieurs blocs continentaux sont encore séparés par l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Iapetus&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. Au nord-ouest se trouve &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039;, qui correspond à l&#039;Amérique du Nord actuelle, au Groenland et à une partie de l&#039;Écosse. À l&#039;est se trouve &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039;, futur noyau de l&#039;Europe du Nord. Plus au sud, &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039; se détache progressivement de la marge nord du Gondwana et dérive vers le nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de l&#039;Ordovicien supérieur et surtout au Silurien, l&#039;océan Iapetus se referme. La convergence rapproche Laurentia, Baltica et Avalonia, jusqu&#039;à leur collision. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse calédonienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, une grande phase de formation de montagnes. Elle soude ces blocs en un nouveau continent : &#039;&#039;&#039;la Laurussia&#039;&#039;&#039;, aussi appelée Euramerica ou continent des Vieux Grès Rouges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
L&#039;orogenèse calédonienne a laissé des traces majeures autour de l&#039;Atlantique Nord actuel. Ses racines, aujourd&#039;hui très érodées, affleurent notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Highlands d&#039;Écosse&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Irlande&#039;&#039;&#039; et au nord de l&#039;Angleterre ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Norvège&#039;&#039;&#039; et en Suède occidentale ;&lt;br /&gt;
* au &#039;&#039;&#039;Groenland oriental&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Appalaches du nord&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== II. Dévonien – Carbonifère : la marche vers la Pangée ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Pangee-Carbonifere-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Assemblage de la Pangée au Carbonifère : collision Gondwana–Laurussia, à l&#039;origine des orogenèses varisque (Europe) et alléghanienne (Amérique du Nord). Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Dévonien, la Laurussia est déjà assemblée au nord. Plus au sud, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Rhéique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; sépare encore ce continent des marges du Gondwana. Entre les deux se déplacent des fragments continentaux issus de la marge nord du Gondwana : les &#039;&#039;&#039;terrains huniques européens&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces terrains migrent vers le nord. Leur déplacement a deux conséquences opposées. Devant eux, l&#039;espace rhéique se réduit progressivement par subduction. Derrière eux, leur détachement ouvre et agrandit la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039;. Les terrains huniques européens forment donc une zone mobile entre Gondwana et Laurussia : ils participent à la fermeture du Rhéique tout en accompagnant l&#039;ouverture de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Carbonifère, la convergence s&#039;intensifie. L&#039;océan Rhéique disparaît, puis le Gondwana entre en collision avec la Laurussia. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse varisque&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Europe et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse alléghanienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord. C&#039;est une étape décisive dans l&#039;assemblage de la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les terrains huniques européens sont aujourd&#039;hui incorporés dans les massifs anciens d&#039;Europe occidentale et centrale. On en retrouve les traces dans :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif armoricain&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif central&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Vosges&#039;&#039;&#039; et la &#039;&#039;&#039;Forêt-Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif bohémien&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le nord-ouest de la &#039;&#039;&#039;péninsule Ibérique&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces régions contiennent des socles d&#039;origine gondwanienne, des séries sédimentaires paléozoïques, des granites et des roches métamorphiques formés pendant la dérive, la subduction puis la collision. Elles témoignent du trajet des terrains huniques européens : détachement du Gondwana, migration vers le nord, puis intégration dans la chaîne varisque lors de la construction de la Pangée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== III. Permien – Trias : le relais cimmérien ==&lt;br /&gt;
[[File:Phanerozoique-Cimmeriens-Trias-Ruban-2007.png|thumb|center|600px|Collision des blocs cimmériens contre la marge sud de l&#039;Eurasie au Trias, achevant la fermeture de la Paléotéthys. Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Permien, la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039; est presque assemblée. La fermeture du Rhéique est achevée ou en voie de l&#039;être, et la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; occupe encore un vaste domaine océanique au sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est alors qu&#039;un nouveau chapelet de fragments continentaux se détache de la marge nord du &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039; : les &#039;&#039;&#039;blocs cimmériens&#039;&#039;&#039;. Ils comprennent plusieurs domaines qui formeront plus tard une partie de l&#039;architecture géologique de l&#039;Asie méridionale et du Moyen-Orient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces blocs migrent vers le nord. Le même mécanisme que pour les terrains huniques se répète :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;devant eux&#039;&#039;&#039;, la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; se referme par subduction ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;derrière eux&#039;&#039;&#039;, leur détachement ouvre un nouvel océan : la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Trias, les blocs cimmériens atteignent la marge sud de l&#039;Eurasie. Leur collision achève la fermeture de la Paléotéthys et forme une série de sutures et de chaînes anciennes, souvent ensuite reprises par les collisions alpines et himalayennes plus récentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les blocs cimmériens ne correspondent pas à un seul continent compact, mais à une série de fragments dispersés. Leurs traces se retrouvent aujourd&#039;hui dans plusieurs régions situées entre l&#039;Europe orientale, le Moyen-Orient et l&#039;Asie :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et Anatolie ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Iran&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Afghanistan&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Asie du Sud-Est&#039;&#039;&#039;, notamment autour de la Thaïlande, de la Malaisie, du Myanmar et de l&#039;Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On les reconnaît par des socles continentaux anciens, des séries sédimentaires déposées en bordure du Gondwana, des ophiolites issues d&#039;anciens planchers océaniques, et des zones de suture marquant la disparition de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces fragments témoignent d&#039;un nouveau relais océanique : après la Paléotéthys, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; devient le grand océan séparant le Gondwana de l&#039;Eurasie. C&#039;est dans ce cadre que se préparent les grandes collisions du Mésozoïque et du Cénozoïque, notamment celles qui formeront plus tard les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== IV. Jurassique – Crétacé : la Pangée se brise ==&lt;br /&gt;
Au Jurassique et au Crétacé, la logique change d&#039;échelle. La &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;, formée à la fin du Paléozoïque, ne reste pas un supercontinent stable. Elle commence à se fracturer sous l&#039;effet de grands systèmes de rifts, qui ouvrent de nouveaux océans tout en modifiant la circulation océanique, le climat et les marges continentales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux dynamiques se produisent en parallèle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre ;&lt;br /&gt;
* à l&#039;est, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; commence à se refermer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est donc pas une simple succession d&#039;océans qui s&#039;ouvrent puis se ferment au même endroit. C&#039;est un système global : pendant qu&#039;un nouvel océan se crée par divergence, un autre entre en subduction ailleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Atlantique s&#039;ouvre ===&lt;br /&gt;
La Pangée, à peine assemblée, commence à se fragmenter. Au Jurassique, des rifts s&#039;installent entre l&#039;Amérique du Nord, l&#039;Europe et l&#039;Afrique. Ces fractures continentales évoluent progressivement en un nouvel océan : l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique central&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, l&#039;ouverture sépare l&#039;Amérique du Nord de l&#039;Afrique et de l&#039;Europe. Puis, au Crétacé, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique Sud&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre à son tour entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique. Les deux continents s&#039;éloignent progressivement, laissant place à une dorsale océanique active qui fabrique encore aujourd&#039;hui du plancher océanique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
L&#039;ouverture de l&#039;Atlantique se lit directement dans la géographie actuelle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la complémentarité des côtes entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique ;&lt;br /&gt;
* les marges passives de part et d&#039;autre de l&#039;Atlantique, comme celles du Brésil, de l&#039;Afrique de l&#039;Ouest, de l&#039;est des États-Unis et de l&#039;Europe occidentale ;&lt;br /&gt;
* les bassins sédimentaires formés lors du rifting, souvent riches en dépôts marins et en hydrocarbures ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;dorsale médio-atlantique&#039;&#039;&#039;, qui marque encore aujourd&#039;hui la zone de divergence entre les plaques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Atlantique ne résulte donc pas de la fermeture des océans téthysiens. Il représente l&#039;autre moitié du cycle tectonique : on crée de l&#039;océan à l&#039;ouest pendant qu&#039;on en détruit à l&#039;est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Téthys alpine, l&#039;océan des Alpes suisses ===&lt;br /&gt;
Au même moment se joue, entre l&#039;Europe et le promontoire africain qu&#039;est le bloc &#039;&#039;&#039;Adria&#039;&#039;&#039;, un épisode d&#039;échelle plus modeste mais capital pour nos régions : l&#039;ouverture de la &#039;&#039;&#039;Téthys alpine&#039;&#039;&#039;. Il ne s&#039;agit pas de la grande Néotéthys, mais d&#039;un chapelet de bassins océaniques étroits — l&#039;&#039;&#039;océan Piémontais-Ligure&#039;&#039;&#039;, puis l&#039;&#039;&#039;océan Valaisan&#039;&#039;&#039; — qui se forment au Jurassique, dans le prolongement de l&#039;ouverture de l&#039;Atlantique central. Ce sont précisément ces bras océaniques, et non la Néotéthys proprement dite, dont la fermeture au Cénozoïque édifiera les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;. Leurs vestiges s&#039;observent aujourd&#039;hui dans les nappes alpines sous forme d&#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039; — les « roches vertes » du Valais et des Grisons —, témoins de cet océan disparu. Nous aborderons ceci dans un autre article.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Néotéthys, de l&#039;apogée à la subduction ===&lt;br /&gt;
Pendant que l&#039;Atlantique s&#039;ouvre, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; atteint son extension maximale entre le Gondwana au sud et l&#039;Eurasie au nord. Elle sépare encore l&#039;Afrique, l&#039;Arabie, l&#039;Inde et d&#039;autres blocs méridionaux de la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir du Jurassique et surtout du Crétacé, cette dynamique s&#039;inverse progressivement. Le plancher océanique de la Néotéthys commence à entrer en &#039;&#039;&#039;subduction&#039;&#039;&#039; sous les marges nord, notamment sous les domaines eurasiens. Cette subduction consomme peu à peu l&#039;océan et prépare les grandes collisions du Cénozoïque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Les restes de la Néotéthys sont aujourd&#039;hui fragmentés et incorporés dans les grandes chaînes de collision :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, issues de la fermeture de branches occidentales de la Téthys ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039; et les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039; dans les Balkans et en Grèce ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et les zones de suture anatoliennes ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, lié à la collision entre l&#039;Arabie et l&#039;Eurasie ;&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, formé après la fermeture de la Néotéthys entre l&#039;Inde et l&#039;Asie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On y retrouve des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire des fragments d&#039;ancien plancher océanique, ainsi que des roches marines profondes, des arcs magmatiques et des zones de suture. Ces éléments sont les témoins de l&#039;ancien océan néotéthysien, aujourd&#039;hui presque entièrement disparu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== V. Cénozoïque : la fermeture finale ==&lt;br /&gt;
Au Cénozoïque, la dynamique amorcée au Mésozoïque arrive à son terme. La &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;, qui séparait encore plusieurs fragments issus du Gondwana de l&#039;Eurasie, se referme progressivement. Les derniers grands blocs méridionaux — &#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039; et &#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039; — convergent vers le nord et entrent en collision avec la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette fermeture ne produit pas une seule chaîne continue, mais un vaste ensemble de chaînes de collision, de plateaux élevés, de bassins résiduels et de sutures océaniques. C&#039;est la dernière grande étape du cycle téthysien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Inde, Arabie, Afrique ===&lt;br /&gt;
L&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; se détache du Gondwana puis traverse rapidement la Néotéthys vers le nord. Au début du Cénozoïque, elle entre en collision avec l&#039;Asie. Cette collision provoque la formation de l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le soulèvement du &#039;&#039;&#039;plateau du Tibet&#039;&#039;&#039;. Elle se poursuit encore aujourd&#039;hui, ce qui explique l&#039;altitude extrême de la région et sa forte activité sismique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; migre elle aussi vers le nord. Sa collision avec l&#039;Eurasie ferme les domaines marins néotéthysiens du Moyen-Orient et édifie les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, grande chaîne plissée qui traverse notamment l&#039;Iran et l&#039;Irak.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la convergence entre l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Europe&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; réduit les derniers bassins téthysiens occidentaux. Elle participe à la formation des &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Apennins&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, de l&#039;Atlas et de nombreuses chaînes méditerranéennes. La Méditerranée actuelle correspond à un domaine résiduel complexe, hérité de cette fermeture incomplète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Cette fermeture finale se lit encore directement dans les grands reliefs actuels :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Inde–Asie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Arabie–Eurasie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039; et les chaînes méditerranéennes, liées à la convergence Afrique–Europe ;&lt;br /&gt;
* les séismes actifs de l&#039;Himalaya, d&#039;Iran, de Turquie, de Grèce et d&#039;Italie, qui montrent que la convergence n&#039;est pas terminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Vestiges actuels ===&lt;br /&gt;
Les océans téthysiens n&#039;ont pas disparu sans traces. Une partie de leur héritage subsiste dans les mers et bassins actuels, notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Méditerranée&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Caspienne&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* certains bassins internes d&#039;Anatolie, d&#039;Iran et d&#039;Asie centrale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais les traces les plus directes se trouvent dans les chaînes de collision. On y observe des &#039;&#039;&#039;sutures&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire les zones où les anciens océans se sont refermés, ainsi que des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, fragments d&#039;ancien plancher océanique aujourd&#039;hui portés en altitude.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces vestiges sont visibles dans les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Oman&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;. Ils montrent qu&#039;un océan entier peut disparaître par subduction, tout en laissant derrière lui des fragments de croûte océanique, des roches marines profondes et de grandes zones de collision.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
L&#039;histoire n&#039;est pas une succession simple où un océan disparaît avant que le suivant n&#039;apparaisse. Le Proto-Téthys, le Rhéique et la Paléotéthys ont partiellement coexisté, et leur évolution dépend du déplacement de blocs continentaux issus du Gondwana.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
* Ruban, Dmitry &amp;amp; Al-Husseini, Moujahed &amp;amp; Iwasaki, Yumiko. (2007). &#039;&#039;Review of Middle East Paleozoic Plate tectonics.&#039;&#039; GeoArabia 12, 35–56. {{doi|10.2113/geoarabia120335}}&lt;br /&gt;
* Stampfli, G. M. &amp;amp; Borel, G. D. (2002). &#039;&#039;A plate tectonic model for the Paleozoic and Mesozoic constrained by dynamic plate boundaries and restored synthetic oceanic isochrons.&#039;&#039; Earth and Planetary Science Letters, 196(1–2), 17–33. [https://doi.org/10.1016/S0012-821X(01)00588-X doi:10.1016/S0012-821X(01)00588-X]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Géologie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Tectonique des plaques]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Paléogéographie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
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		<title>File:Phanerozoique-Cimmeriens-Trias-Ruban-2007.png</title>
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		<updated>2026-06-16T16:19:46Z</updated>

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&lt;hr /&gt;
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		<updated>2026-06-16T16:19:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: batch upload&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
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		<updated>2026-06-16T16:19:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: batch upload&lt;/p&gt;
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: batch upload&lt;/p&gt;
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		<updated>2026-06-16T16:19:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: batch upload&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
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		<updated>2026-06-16T16:11:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: c (via upload-file-from-url on MediaWiki MCP Server)&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;t&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
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		<updated>2026-06-16T16:10:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: mcp-remote diag (via upload-file-from-url on MediaWiki MCP Server)&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;upload test&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
	</entry>
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		<id>https://wiki.nblotti.org/index.php?title=File:RawApiCheck.png&amp;diff=10</id>
		<title>File:RawApiCheck.png</title>
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		<updated>2026-06-16T16:08:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: raw api check&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;raw api check&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.nblotti.org/index.php?title=File:McpWikiFallback.png&amp;diff=9</id>
		<title>File:McpWikiFallback.png</title>
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		<updated>2026-06-16T16:04:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: diag (via upload-file-from-url on MediaWiki MCP Server)&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;test&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.nblotti.org/index.php?title=File:McpUrlTest.png&amp;diff=8</id>
		<title>File:McpUrlTest.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.nblotti.org/index.php?title=File:McpUrlTest.png&amp;diff=8"/>
		<updated>2026-06-16T16:02:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: diagnostic (via upload-file-from-url on MediaWiki MCP Server)&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;MCP upload test&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
	</entry>
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		<id>https://wiki.nblotti.org/index.php?title=File:TagTest.png&amp;diff=7</id>
		<title>File:TagTest.png</title>
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		<updated>2026-06-16T16:01:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
	</entry>
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		<id>https://wiki.nblotti.org/index.php?title=File:Test.png&amp;diff=6</id>
		<title>File:Test.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.nblotti.org/index.php?title=File:Test.png&amp;diff=6"/>
		<updated>2026-06-16T15:53:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.nblotti.org/index.php?title=File:UrlUploadProof.png&amp;diff=5</id>
		<title>File:UrlUploadProof.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.nblotti.org/index.php?title=File:UrlUploadProof.png&amp;diff=5"/>
		<updated>2026-06-16T15:47:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: URL upload test&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;URL upload test&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.nblotti.org/index.php?title=Histoire_chronologique_des_grands_oc%C3%A9ans_du_Phan%C3%A9rozo%C3%AFque&amp;diff=4</id>
		<title>Histoire chronologique des grands océans du Phanérozoïque</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.nblotti.org/index.php?title=Histoire_chronologique_des_grands_oc%C3%A9ans_du_Phan%C3%A9rozo%C3%AFque&amp;diff=4"/>
		<updated>2026-06-16T15:10:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Nblotti: Création de l&amp;#039;article à partir d&amp;#039;une page Notion (via create-page on MediaWiki MCP Server)&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;tectonique des plaques&#039;&#039;&#039; transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
La tectonique des plaques transforme non seulement les continents, mais aussi les océans. Au fil des âges géologiques, ceux-ci naissent, s&#039;élargissent, puis se referment jusqu&#039;à disparaître. Cet article retrace près de 540 millions d&#039;années d&#039;évolution, en mettant l&#039;accent sur les océans dont l&#039;ouverture, le fonctionnement et la fermeture ont contribué à former les Alpes suisses, notamment en créant, transformant ou déformant les roches qui les composent aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une scène de départ : l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) ==&lt;br /&gt;
Pour situer les acteurs, partons d&#039;un instantané du Paléozoïque inférieur. Les continents sont alors dispersés autour du super-océan Panthalassa. Laurentia, Baltica et Avalonia ne sont pas encore réunies : entre elles se referme l&#039;océan Iapetus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;[Figure : Carte paléogéographique de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma), montrant la répartition des continents, des océans et des principaux blocs continentaux avant la formation de la Pangée. On y distingue Laurentia, Baltica, Avalonia, Siberia et Gondwana, ainsi que les océans Iapetus, Rhéique et Proto-Téthys. — Source : Encyclopædia Britannica, Inc. ; reconstruction d&#039;après C. R. Scotese, PALEOMAP Project.]&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039; donnera le cœur de l&#039;Amérique du Nord (avec le Groenland et l&#039;Écosse).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039; celui de l&#039;Europe du Nord (Scandinavie, pays baltes, plaine russe).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039;, plus petite, se retrouvera éclatée de part et d&#039;autre de l&#039;actuel Atlantique — Angleterre, pays de Galles et sud de l&#039;Irlande d&#039;un côté ; façade atlantique du Canada et de la Nouvelle-Angleterre de l&#039;autre.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039;, immense continent austral, donnera une grande partie des continents actuels de l&#039;hémisphère sud : l&#039;Afrique, l&#039;Amérique du Sud, l&#039;Antarctique, l&#039;Australie, l&#039;Inde et Madagascar, ainsi que l&#039;Arabie. Sa marge nord fournira aussi plusieurs fragments continentaux qui joueront un rôle majeur dans l&#039;histoire géologique de l&#039;Europe, notamment certains éléments impliqués plus tard dans les chaînes varisques puis alpines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sud, l&#039;océan Rhéique, ouvert dès l&#039;Ordovicien inférieur, continue de s&#039;élargir ; à l&#039;est s&#039;étend déjà le Proto-Téthys, océan plus ancien occupant les domaines situés encore plus au nord-est. La Paléotéthys, elle, ne s&#039;ouvrira que plus tard, au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vivant, le contraste entre les océans et les continents est très marqué. Les mers sont déjà riches en biodiversité : trilobites, brachiopodes, graptolites, premiers céphalopodes, coraux et crinoïdes se développent au cours de la grande diversification ordovicienne. Les premiers poissons, encore sans mâchoires, sont également présents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les continents, en revanche, restent presque entièrement nus. La vie y est très limitée : seules de petites plantes primitives, proches des mousses et des hépatiques, commencent à coloniser les zones humides littorales. Aucun animal terrestre n&#039;est encore véritablement installé. Les plantes vasculaires, les premières forêts et une faune terrestre diversifiée apparaîtront plus tard, surtout au Silurien puis au Dévonien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le fil de l&#039;article, période par période ==&lt;br /&gt;
Le même cycle revient sans cesse, en trois temps :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Quand deux plaques tectoniques s&#039;écartent, un océan s&#039;ouvre entre elles (rift).&lt;br /&gt;
* Quand elles se rapprochent, le plancher océanique replonge dans le manteau (subduction) et l&#039;océan se referme.&lt;br /&gt;
* Quand les continents finissent par entrer en contact, leur collision soulève des montagnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;[Figure : Le cycle de Wilson en trois temps — ouverture par rift, fermeture par subduction, puis collision et soulèvement de montagnes. — Figure des auteurs]&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le long de la marge nord du Gondwana, ce cycle va se rejouer bloc après bloc : un fragment continental se détache et migre vers le nord ; derrière lui un nouvel océan s&#039;ouvre et devant lui l&#039;océan plus ancien se referme. Les blocs se suivent à la file, chacun décalé d&#039;une centaine de millions d&#039;années sur le précédent, si bien qu&#039;un océan naît toujours quelque part pendant qu&#039;un autre achève de mourir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du paléozoïque au cénozoïque, cinq tours de ce cycle suffisent à raconter toute l&#039;histoire : à chaque fois, un océan se ferme là où un bloc arrive pendant qu&#039;un autre s&#039;ouvre dans son sillage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cambrien – Ordovicien – Silurien — la naissance de la Laurussia.&#039;&#039;&#039; Tout commence par un premier départ : Baltica (la future Europe du Nord) se détache du Gondwana et dérive vers Laurentia (le noyau de l&#039;Amérique du Nord). En s&#039;avançant, elle grignote l&#039;océan qui les sépare, l&#039;Iapetus. Un second bloc suit, Avalonia, qui quitte à son tour le Gondwana ; derrière lui s&#039;ouvre un océan neuf, le Rhéique, pendant que devant lui l&#039;Iapetus achève de se fermer. Quand les trois masses — Laurentia, Baltica, Avalonia — finissent par se percuter, l&#039;Iapetus disparaît et les chaînes calédoniennes se soulèvent : un premier grand continent est né, la Laurussia.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Dévonien – Carbonifère — la marche vers la Pangée.&#039;&#039;&#039; Le cycle recommence aussitôt. Un nouveau train de blocs, les terrains huniques, se détache de la marge nord du Gondwana et file vers le nord. Devant eux, le Rhéique se referme ; derrière eux s&#039;ouvre déjà l&#039;océan suivant, la Paléotéthys. Pièce après pièce, les continents se rassemblent en un seul : la Pangée.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Permien – Trias — le relais cimmérien.&#039;&#039;&#039; Même scénario, acteurs suivants : les blocs cimmériens se détachent du Gondwana et partent vers le nord. La Paléotéthys se referme devant eux tandis que, dans leur sillage, s&#039;ouvre la Néotéthys. Le tapis roulant tectonique ne s&#039;arrête jamais : un océan meurt à l&#039;avant, un autre naît à l&#039;arrière.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Jurassique – Crétacé — la Pangée se brise.&#039;&#039;&#039; Le supercontinent, trop vaste, se disloque. À l&#039;ouest s&#039;ouvre un océan tout neuf, l&#039;Atlantique. À l&#039;est, un dernier convoi de blocs gondwaniens — l&#039;Inde et l&#039;Arabie en tête — se met en route vers l&#039;Eurasie : le plancher de la Néotéthys s&#039;enfonce sous sa marge nord (subduction), et l&#039;océan commence à se refermer.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Cénozoïque (≈ 66–0 Ma) — la fermeture finale.&#039;&#039;&#039; Les blocs en marche arrivent au but et percutent l&#039;Eurasie : l&#039;Inde soulève l&#039;Himalaya, l&#039;Arabie les Zagros, l&#039;Afrique les Alpes. La Néotéthys, écrasée entre eux, n&#039;est plus qu&#039;un souvenir — il n&#039;en reste qu&#039;une flaque, la Méditerranée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== I. Cambrien – Ordovicien – Silurien : l&#039;assemblage de la Laurussia ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;[Figure : Paléogéographie de l&#039;Ordovicien supérieur (≈ 450 Ma) — Panthalassa, Iapetus en fermeture, Rhéique en expansion et Proto-Téthys. — Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant le Cambrien et l&#039;Ordovicien, plusieurs blocs continentaux sont encore séparés par l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Iapetus&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. Au nord-ouest se trouve &#039;&#039;&#039;Laurentia&#039;&#039;&#039;, qui correspond à l&#039;Amérique du Nord actuelle, au Groenland et à une partie de l&#039;Écosse. À l&#039;est se trouve &#039;&#039;&#039;Baltica&#039;&#039;&#039;, futur noyau de l&#039;Europe du Nord. Plus au sud, &#039;&#039;&#039;Avalonia&#039;&#039;&#039; se détache progressivement de la marge nord du Gondwana et dérive vers le nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de l&#039;Ordovicien supérieur et surtout au Silurien, l&#039;océan Iapetus se referme. La convergence rapproche Laurentia, Baltica et Avalonia, jusqu&#039;à leur collision. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse calédonienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, une grande phase de formation de montagnes. Elle soude ces blocs en un nouveau continent : &#039;&#039;&#039;la Laurussia&#039;&#039;&#039;, aussi appelée Euramerica ou continent des Vieux Grès Rouges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
L&#039;orogenèse calédonienne a laissé des traces majeures autour de l&#039;Atlantique Nord actuel. Ses racines, aujourd&#039;hui très érodées, affleurent notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Highlands d&#039;Écosse&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Irlande&#039;&#039;&#039; et au nord de l&#039;Angleterre ;&lt;br /&gt;
* en &#039;&#039;&#039;Norvège&#039;&#039;&#039; et en Suède occidentale ;&lt;br /&gt;
* au &#039;&#039;&#039;Groenland oriental&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* dans les &#039;&#039;&#039;Appalaches du nord&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== II. Dévonien – Carbonifère : la marche vers la Pangée ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;[Figure : Assemblage de la Pangée au Carbonifère — collision Gondwana–Laurussia, à l&#039;origine des orogenèses varisque (Europe) et alléghanienne (Amérique du Nord). — Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Dévonien, la Laurussia est déjà assemblée au nord. Plus au sud, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;océan Rhéique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; sépare encore ce continent des marges du Gondwana. Entre les deux se déplacent des fragments continentaux issus de la marge nord du Gondwana : les &#039;&#039;&#039;terrains huniques européens&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces terrains migrent vers le nord. Leur déplacement a deux conséquences opposées. Devant eux, l&#039;espace rhéique se réduit progressivement par subduction. Derrière eux, leur détachement ouvre et agrandit la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039;. Les terrains huniques européens forment donc une zone mobile entre Gondwana et Laurussia : ils participent à la fermeture du Rhéique tout en accompagnant l&#039;ouverture de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Carbonifère, la convergence s&#039;intensifie. L&#039;océan Rhéique disparaît, puis le Gondwana entre en collision avec la Laurussia. Cette collision provoque l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse varisque&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Europe et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;orogenèse alléghanienne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; en Amérique du Nord. C&#039;est une étape décisive dans l&#039;assemblage de la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les terrains huniques européens sont aujourd&#039;hui incorporés dans les massifs anciens d&#039;Europe occidentale et centrale. On en retrouve les traces dans :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif armoricain&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif central&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Vosges&#039;&#039;&#039; et la &#039;&#039;&#039;Forêt-Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Massif bohémien&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* le nord-ouest de la &#039;&#039;&#039;péninsule Ibérique&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces régions contiennent des socles d&#039;origine gondwanienne, des séries sédimentaires paléozoïques, des granites et des roches métamorphiques formés pendant la dérive, la subduction puis la collision. Elles témoignent du trajet des terrains huniques européens : détachement du Gondwana, migration vers le nord, puis intégration dans la chaîne varisque lors de la construction de la Pangée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== III. Permien – Trias : le relais cimmérien ==&lt;br /&gt;
&#039;&#039;[Figure : Collision des blocs cimmériens contre la marge sud de l&#039;Eurasie au Trias, achevant la fermeture de la Paléotéthys. — Source : d&#039;après Ruban, Al-Husseini &amp;amp; Iwasaki (2007), GeoArabia 12, 35–56.]&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Permien, la &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039; est presque assemblée. La fermeture du Rhéique est achevée ou en voie de l&#039;être, et la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; occupe encore un vaste domaine océanique au sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est alors qu&#039;un nouveau chapelet de fragments continentaux se détache de la marge nord du &#039;&#039;&#039;Gondwana&#039;&#039;&#039; : les &#039;&#039;&#039;blocs cimmériens&#039;&#039;&#039;. Ils comprennent plusieurs domaines qui formeront plus tard une partie de l&#039;architecture géologique de l&#039;Asie méridionale et du Moyen-Orient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces blocs migrent vers le nord. Le même mécanisme que pour les terrains huniques se répète :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;devant eux&#039;&#039;&#039;, la &#039;&#039;&#039;Paléotéthys&#039;&#039;&#039; se referme par subduction ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;derrière eux&#039;&#039;&#039;, leur détachement ouvre un nouvel océan : la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Trias, les blocs cimmériens atteignent la marge sud de l&#039;Eurasie. Leur collision achève la fermeture de la Paléotéthys et forme une série de sutures et de chaînes anciennes, souvent ensuite reprises par les collisions alpines et himalayennes plus récentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traces actuelles ===&lt;br /&gt;
Les blocs cimmériens ne correspondent pas à un seul continent compact, mais à une série de fragments dispersés. Leurs traces se retrouvent aujourd&#039;hui dans plusieurs régions situées entre l&#039;Europe orientale, le Moyen-Orient et l&#039;Asie :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et Anatolie ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Iran&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Afghanistan&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Asie du Sud-Est&#039;&#039;&#039;, notamment autour de la Thaïlande, de la Malaisie, du Myanmar et de l&#039;Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On les reconnaît par des socles continentaux anciens, des séries sédimentaires déposées en bordure du Gondwana, des ophiolites issues d&#039;anciens planchers océaniques, et des zones de suture marquant la disparition de la Paléotéthys.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces fragments témoignent d&#039;un nouveau relais océanique : après la Paléotéthys, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; devient le grand océan séparant le Gondwana de l&#039;Eurasie. C&#039;est dans ce cadre que se préparent les grandes collisions du Mésozoïque et du Cénozoïque, notamment celles qui formeront plus tard les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== IV. Jurassique – Crétacé : la Pangée se brise ==&lt;br /&gt;
Au Jurassique et au Crétacé, la logique change d&#039;échelle. La &#039;&#039;&#039;Pangée&#039;&#039;&#039;, formée à la fin du Paléozoïque, ne reste pas un supercontinent stable. Elle commence à se fracturer sous l&#039;effet de grands systèmes de rifts, qui ouvrent de nouveaux océans tout en modifiant la circulation océanique, le climat et les marges continentales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux dynamiques se produisent en parallèle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre ;&lt;br /&gt;
* à l&#039;est, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; commence à se refermer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est donc pas une simple succession d&#039;océans qui s&#039;ouvrent puis se ferment au même endroit. C&#039;est un système global : pendant qu&#039;un nouvel océan se crée par divergence, un autre entre en subduction ailleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;Atlantique s&#039;ouvre ===&lt;br /&gt;
La Pangée, à peine assemblée, commence à se fragmenter. Au Jurassique, des rifts s&#039;installent entre l&#039;Amérique du Nord, l&#039;Europe et l&#039;Afrique. Ces fractures continentales évoluent progressivement en un nouvel océan : l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique central&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, l&#039;ouverture sépare l&#039;Amérique du Nord de l&#039;Afrique et de l&#039;Europe. Puis, au Crétacé, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Atlantique Sud&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; s&#039;ouvre à son tour entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique. Les deux continents s&#039;éloignent progressivement, laissant place à une dorsale océanique active qui fabrique encore aujourd&#039;hui du plancher océanique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
L&#039;ouverture de l&#039;Atlantique se lit directement dans la géographie actuelle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la complémentarité des côtes entre l&#039;Amérique du Sud et l&#039;Afrique ;&lt;br /&gt;
* les marges passives de part et d&#039;autre de l&#039;Atlantique, comme celles du Brésil, de l&#039;Afrique de l&#039;Ouest, de l&#039;est des États-Unis et de l&#039;Europe occidentale ;&lt;br /&gt;
* les bassins sédimentaires formés lors du rifting, souvent riches en dépôts marins et en hydrocarbures ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;dorsale médio-atlantique&#039;&#039;&#039;, qui marque encore aujourd&#039;hui la zone de divergence entre les plaques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Atlantique ne résulte donc pas de la fermeture des océans téthysiens. Il représente l&#039;autre moitié du cycle tectonique : on crée de l&#039;océan à l&#039;ouest pendant qu&#039;on en détruit à l&#039;est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Téthys alpine, l&#039;océan des Alpes suisses ===&lt;br /&gt;
Au même moment se joue, entre l&#039;Europe et le promontoire africain qu&#039;est le bloc &#039;&#039;&#039;Adria&#039;&#039;&#039;, un épisode d&#039;échelle plus modeste mais capital pour nos régions : l&#039;ouverture de la &#039;&#039;&#039;Téthys alpine&#039;&#039;&#039;. Il ne s&#039;agit pas de la grande Néotéthys, mais d&#039;un chapelet de bassins océaniques étroits — l&#039;&#039;&#039;océan Piémontais-Ligure&#039;&#039;&#039;, puis l&#039;&#039;&#039;océan Valaisan&#039;&#039;&#039; — qui se forment au Jurassique, dans le prolongement de l&#039;ouverture de l&#039;Atlantique central. Ce sont précisément ces bras océaniques, et non la Néotéthys proprement dite, dont la fermeture au Cénozoïque édifiera les &#039;&#039;&#039;Alpes suisses&#039;&#039;&#039;. Leurs vestiges s&#039;observent aujourd&#039;hui dans les nappes alpines sous forme d&#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039; — les « roches vertes » du Valais et des Grisons —, témoins de cet océan disparu. Nous aborderons ceci dans un autre article.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Néotéthys, de l&#039;apogée à la subduction ===&lt;br /&gt;
Pendant que l&#039;Atlantique s&#039;ouvre, la &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039; atteint son extension maximale entre le Gondwana au sud et l&#039;Eurasie au nord. Elle sépare encore l&#039;Afrique, l&#039;Arabie, l&#039;Inde et d&#039;autres blocs méridionaux de la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir du Jurassique et surtout du Crétacé, cette dynamique s&#039;inverse progressivement. Le plancher océanique de la Néotéthys commence à entrer en &#039;&#039;&#039;subduction&#039;&#039;&#039; sous les marges nord, notamment sous les domaines eurasiens. Cette subduction consomme peu à peu l&#039;océan et prépare les grandes collisions du Cénozoïque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Les restes de la Néotéthys sont aujourd&#039;hui fragmentés et incorporés dans les grandes chaînes de collision :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, issues de la fermeture de branches occidentales de la Téthys ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039; et les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039; dans les Balkans et en Grèce ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;Turquie&#039;&#039;&#039; et les zones de suture anatoliennes ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, lié à la collision entre l&#039;Arabie et l&#039;Eurasie ;&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, formé après la fermeture de la Néotéthys entre l&#039;Inde et l&#039;Asie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On y retrouve des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire des fragments d&#039;ancien plancher océanique, ainsi que des roches marines profondes, des arcs magmatiques et des zones de suture. Ces éléments sont les témoins de l&#039;ancien océan néotéthysien, aujourd&#039;hui presque entièrement disparu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== V. Cénozoïque : la fermeture finale ==&lt;br /&gt;
Au Cénozoïque, la dynamique amorcée au Mésozoïque arrive à son terme. La &#039;&#039;&#039;Néotéthys&#039;&#039;&#039;, qui séparait encore plusieurs fragments issus du Gondwana de l&#039;Eurasie, se referme progressivement. Les derniers grands blocs méridionaux — &#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039; et &#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039; — convergent vers le nord et entrent en collision avec la marge sud de l&#039;Eurasie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette fermeture ne produit pas une seule chaîne continue, mais un vaste ensemble de chaînes de collision, de plateaux élevés, de bassins résiduels et de sutures océaniques. C&#039;est la dernière grande étape du cycle téthysien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Inde, Arabie, Afrique ===&lt;br /&gt;
L&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Inde&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; se détache du Gondwana puis traverse rapidement la Néotéthys vers le nord. Au début du Cénozoïque, elle entre en collision avec l&#039;Asie. Cette collision provoque la formation de l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le soulèvement du &#039;&#039;&#039;plateau du Tibet&#039;&#039;&#039;. Elle se poursuit encore aujourd&#039;hui, ce qui explique l&#039;altitude extrême de la région et sa forte activité sismique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus à l&#039;ouest, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Arabie&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; migre elle aussi vers le nord. Sa collision avec l&#039;Eurasie ferme les domaines marins néotéthysiens du Moyen-Orient et édifie les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, grande chaîne plissée qui traverse notamment l&#039;Iran et l&#039;Irak.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la convergence entre l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Afrique&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Europe&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; réduit les derniers bassins téthysiens occidentaux. Elle participe à la formation des &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Apennins&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, de l&#039;Atlas et de nombreuses chaînes méditerranéennes. La Méditerranée actuelle correspond à un domaine résiduel complexe, hérité de cette fermeture incomplète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Traces actuelles ====&lt;br /&gt;
Cette fermeture finale se lit encore directement dans les grands reliefs actuels :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Inde–Asie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, liés à la collision Arabie–Eurasie ;&lt;br /&gt;
* les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039; et les chaînes méditerranéennes, liées à la convergence Afrique–Europe ;&lt;br /&gt;
* les séismes actifs de l&#039;Himalaya, d&#039;Iran, de Turquie, de Grèce et d&#039;Italie, qui montrent que la convergence n&#039;est pas terminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Vestiges actuels ===&lt;br /&gt;
Les océans téthysiens n&#039;ont pas disparu sans traces. Une partie de leur héritage subsiste dans les mers et bassins actuels, notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Méditerranée&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Noire&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;mer Caspienne&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* certains bassins internes d&#039;Anatolie, d&#039;Iran et d&#039;Asie centrale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais les traces les plus directes se trouvent dans les chaînes de collision. On y observe des &#039;&#039;&#039;sutures&#039;&#039;&#039;, c&#039;est-à-dire les zones où les anciens océans se sont refermés, ainsi que des &#039;&#039;&#039;ophiolites&#039;&#039;&#039;, fragments d&#039;ancien plancher océanique aujourd&#039;hui portés en altitude.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces vestiges sont visibles dans les &#039;&#039;&#039;Alpes&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Dinarides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Hellénides&#039;&#039;&#039;, les &#039;&#039;&#039;Zagros&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Oman&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;, l&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Himalaya&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; et le &#039;&#039;&#039;Tibet&#039;&#039;&#039;. Ils montrent qu&#039;un océan entier peut disparaître par subduction, tout en laissant derrière lui des fragments de croûte océanique, des roches marines profondes et de grandes zones de collision.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
L&#039;histoire n&#039;est pas une succession simple où un océan disparaît avant que le suivant n&#039;apparaisse. Le Proto-Téthys, le Rhéique et la Paléotéthys ont partiellement coexisté, et leur évolution dépend du déplacement de blocs continentaux issus du Gondwana.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
* Ruban, Dmitry &amp;amp; Al-Husseini, Moujahed &amp;amp; Iwasaki, Yumiko. (2007). &#039;&#039;Review of Middle East Paleozoic Plate tectonics.&#039;&#039; GeoArabia 12, 35–56. {{doi|10.2113/geoarabia120335}}&lt;br /&gt;
* Stampfli, G. M. &amp;amp; Borel, G. D. (2002). &#039;&#039;A plate tectonic model for the Paleozoic and Mesozoic constrained by dynamic plate boundaries and restored synthetic oceanic isochrons.&#039;&#039; Earth and Planetary Science Letters, 196(1–2), 17–33. [https://doi.org/10.1016/S0012-821X(01)00588-X doi:10.1016/S0012-821X(01)00588-X]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Géologie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Tectonique des plaques]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Paléogéographie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Nblotti</name></author>
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